Au PS, l'idée de débats entre candidats...

Au PS, l'idée de débats entre candidats à l'investiture fait son chemin

Plusieurs candidats socialistes à l'investiture pour l'élection présidentielle ont demandé que soient organisés des débats contradictoires entre les postulants, ce qui selon eux favoriserait "le fond" et donnerait au candidat choisi davantage d'autorité morale.
La question, déjà posée depuis quelques semaines, a été relancée jeudi soir par Dominique Strauss-Kahn qui a estimé que débattre devant les militants serait "démocratique" et "utile", parce que "c'est sur les idées qu'il faut choisir".

"Je pense que tous ceux qui sont candidats à une charge publique importante doivent débattre entre eux, débattre devant ceux qui doivent les désigner", a dit M. Strauss-Kahn. "La procédure me paraît bonne, on peut en trouver d'autres, je suis pour le débat", a-t-il ajouté.
Cette suggestion intervient alors même que les médias font leurs grands titres sur Ségolène Royal et que certains responsables socialistes critiquent le flou des propositions de la présidente du Conseil régional Poitou-Charentes.

S'il refuse l'idée de meetings avec "brigades d'acclamation", Jack Lang est partisan du débat entre les candidats, dès qu'ils se seront tous déclarés. "Je l'ai déjà proposé à François Hollande, et je l'exige", a-t-il indiqué.
Pour lui, il faut que les militants choisissent "en connaissance de cause" et pas "sur un coup de tête", et "sachent ce que chacun a dans le ventre". Il estime que le candidat choisi "bénéficiera d'une autorité morale décuplée".

Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius, est lui aussi franchement pour.
Il ne veut pas non plus de meetings, "où les uns seraient là pour huer les autres". Mais il envisage de recourir à la "chaîne parlementaire" pour que le PS organise lui-même "deux ou trois moments de confrontation entre ceux qui voudront être candidats devant les militants".
D'abord cela permettra "au plus de militants possible", et notamment aux "nouveaux" qui viennent d'adhérer sur l'internet pour 20 euros (38 pour les anciens), "de s'approprier le débat et de se faire une idée".
Selon lui, cette période pourrait ainsi devenir "un moment qui intéressera tout le pays" plutôt qu'"une histoire de socialistes repliés entre eux".

La direction du PS semble plus réticente. François Rebsamen, chargé de réfléchir à l'organisation de la campagne interne, va interroger ceux qui sont concernés pour trouver "une règle commune".
Il souhaite, a-t-il indiqué, "que tout le monde trouve ensemble des modalités de désignation", l'essentiel étant de "préserver l'unité à la fin".
Il affirme n'avoir "pas d'opposition de principe" à l'idée de débats, mais, ajoute-t-il, "il faut surtout que ça ne laisse pas notre candidat ou notre candidate au final -et le PS- en charpie".
Pour lui, "ce genre de débats, comme à Paris pour l'UMP, ou à l'occasion du référendum européen, sont tellement médiatisés qu'ils poussent souvent à franchir la ligne pour se démarquer".
Faute d'un accord sur autre chose, on en restera, dit-il, aux statuts du parti et aux simples distributions de professions de foi, comme en 1995.

Les Verts, qui vont choisir aussi leur candidat au terme d'une consultation interne, achèvent ce vendredi une série de sept débats contradictoires qui les ont menés depuis presque deux mois dans toute la France. Selon Mireille Ferri, secrétaire nationale adjointe, ces meetings ont clarifié les différences et permis de faire apparaître "la vraie diversité" des candidatures.

Par gery, 08 avril 2006 23:45 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(0) | Permalien | Rétroliens (0)

Décryptage

Les exégètes en langue de bois, surtout quand elle est en chêne massif, ont du pain sur la planche. Après Chirac et sa loi promulguée qu’il ne faut surtout pas appliquer, voilà que Dominique de Villepin nous explique, sans ciller, qu’il ira «jusqu’au bout» mais qu’il n’y a pas de tabou dans les discussions sur le CPE. Au bout de quoi, finalement ? De ses convictions ou de l’abrogation probable ? On ne le saura pas.

A croire le Premier ministre, ce sont les mauvais esprits des médias qui ont perçu des divisions là où régneraient l’harmonie dans la majorité et l’attachement indéfectible de cette dernière au locataire de Matignon. Une incomparable symbiose qui lui a fait sans doute oublier de citer le nom de Nicolas Sarkozy.

On peut comprendre qu’un Premier ministre qui avance sur une planche savonnée se raccroche à toutes les branches. Mais décidément, il en fait trop. Annoncer l’ouverture de trois nouveaux chantiers alors que celui du CPE est en pleine capilotade revient à nier l’évidence d’un échec majeur. Vouloir donner l’impression qu’il a repris la main dans un dossier dont il a été dessaisi tient de l’incantation.

Les exercices rhétoriques ont leur limite. Tôt ou tard, les faits qui sont têtus reprendront le dessus sur les plaidoyers pro domo. Dans cette situation inédite où le parti majoritaire tente d’éteindre l’incendie social, une seule question demeure : que fera Dominique de Villepin si le CPE passe à la trappe ? Le Premier ministre ne répond pas franchement, se contentant de dire qu’il saura tirer les conclusions. Au moment opportun, si les circonstances s’y prêtent, dirait-on dans les milieux diplomatiques qu’il a tant fréquentés.

Par gery, 08 avril 2006 22:56 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(0) | Permalien | Rétroliens (0)

CPE: "il faut savoir terminer un conflit", selon François Hollande

CPE: "il faut savoir terminer un conflit", selon François Hollande

RENNES (AP) - Invité samedi à Rennes à clôturer les états généraux du projet socialiste, le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a estimé à propos de la crise autour du contrat première embauche qu'il fallait "savoir terminer un conflit".

Lors de son discours devant plusieurs centaines de militants et sympathisants du PS dans la capitale bretonne, M. Hollande a déclaré à l'adresse du gouvernement que "le CPE est sans doute mort, mais il faut l'enterrer au plus vite", avant marteler haut et fort le mot d'ordre de son parti -"abrogation, abrogation, abrogation"- sous les applaudissements nourris de l'assistance.

A l'occasion de ce discours destiné à conclure une journée de réflexions sur le thème de l'égalité sociale et de la solidarité entre générations, dont Henri Emmanuelli a la charge, le No1 socialiste en a profité pour stigmatiser l'attitude des responsables de l'UMP dans la gestion du dossier CPE.

"Il suffirait d'un mot, un seul, que le pouvoir hésite à prononcer: l'abrogation. C'est un gros mot pour la droite", a lancé François Hollande. "Mais quand on a fait une erreur, il faut savoir l'effacer et ce choix doit être fait avant les vacances parlementaires" le 15 avril.

Le premier secrétaire a stigmatisé l'incohérence des personnalités de la majorité, entre "Villepin qui résiste et Sarkozy qui veut s'échapper". "Il ne s'agit plus de confusion, mais de ridicule, une vraie palinodie sémantique", a asséné François Hollande. "Assez d'orgueil, d'amour-propre et d'honneur mal placé!".

M. Hollande a réservé une sortie particulière pour le ministre de l'Intérieur, estimant que "Nicolas Sarkozy se proclame acteur de la rupture, mais à part avec Jacques Chirac, avec qui veut-il rompre? Si c'était avec le pacte social, ce serait beaucoup plus grave".

Le chef de file des socialistes a ensuite embrayé sur le projet socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2007, proposant d'ores et déjà une conférence sociale annuelle entre l'Etat et les partenaires sociaux. "Nous devons être responsables quand en face ils ne le sont plus", a-t-il conclu.


(Lire la suite de l’article)

Par gery, 08 avril 2006 22:09 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(0) | Permalien | Rétroliens (0)

CPE: les syndicats veulent une formule claire impliquant un retrait rapide

CPE: les syndicats veulent une formule claire impliquant un retrait rapide


PARIS (AFP) - Abrogation, substitution ou suspension du CPE: par-delà les débats sémantiques des hautes sphères de l'Etat, les syndicats attendent dès lundi du gouvernement un message clair signifiant le retrait du CPE, sans quoi la mobilisation se poursuivra.
Au terme d'un week-end laborieux consacré à des réunions de travail entre l'Elysée, Matignon et l'UMP, une proposition de loi sur le CPE sera présentée lundi matin par les présidents de groupe UMP de l'Assemblée nationale et du Sénat, Bernard Accoyer et Josselin de Rohan, au président de la République, en présence du Premier ministre.

Une décision sera prise par Jacques Chirac et Dominique de Villepin à l'issue de cette réunion, a-t-on appris samedi auprès de l'entourage du président de la République.
Après cinq journées de mobilisation, les syndicats exaspérés ont exigé que le conflit soit tranché par la loi avant le 17 avril, début des vacances parlementaires.

De l'abrogation pure et simple, qui a leur faveur, à la suspension assortie de négociations en passant par la substitution d'un nouveau dispositif au CPE, ils refusent de s'enfermer dans les formules suggérées par les "clans" d'un pouvoir divisé.

"Que le gouvernement se débrouille" a déclaré à l'AFP Jacques Voisin (CFTC), ajoutant: "Il faut que le CPE disparaisse tout de suite. Abrogation, substitution, aux gouvernants de faire la part entre le poids des mots et le choc des manifestations".

Selon M. Voisin, "le temps de la suspension est révolu. La loi étant votée, aujourd'hui c'est trop tard".

Rémi Jouan (CFDT) constate avec amertume que "le débat se déroule au-dessus de la tête des gens sur des critères ignorant leurs préoccupations au profit de calculs politiques", d'où le sentiment d'une "grande inconnue".

L'impératif, à ses yeux, c'est "l'abrogation ou le remplacement immédiat du CPE par un nouveau contrat, sous réserve que le contenu serve la lutte contre la précarité des jeunes. Pas question en revanche d'une suspension".

Même son de cloche à FO, dont le leader Jean-Claude Mailly refuse la suspension et réclame "l'abrogation pure et simple". Quant à une éventuelle substitution, "ça se regarde" à condition que le CPE ne soit pas remplacé par "un CPE bis", précise-t-il.

Maryse Dumas (CGT) affirme elle: "quoi qu'il arrive le gouvernement a perdu: la semaine prochaine ou dans deux mois il devra retirer le CPE. Or tout retard ne fera qu'accroître le coût du conflit. L'important, c'est que le CPE disparaisse du code du travail: il existe une niche parlementaire utilisable mardi et mercredi".

Gérard Aschieri (FSU), pour qui le "CPE est mort", estime que "le plus raisonnable serait qu'on fasse disparaître le CPE par la loi avant des négociations sur la précarité". "En cas de substitution, l'avantage serait que le CPE disparaisse mais il conviendrait d'examiner le contenu du dispositif de remplacement", souligne-t-il, ajoutant qu'une suspension "serait moins clair".

Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) craint que "l'abrogation ne soit pas retenue, pour ne pas fâcher tout rouge Dominique de Villepin". Il verrait alors "un compromis acceptable dans le remplacement qui éliminerait le CPE".

Une suspension suivie de négociations ? Il n'est "pas contre a priori", sous réserve d'en "connaître les termes".

Alain Olive (Unsa), "consterné par les jeux affligeants du pouvoir", le "presse de trouver une formule claire. "Nous n'avons pas la religion de la sémantique, seul compte que le CPE sorte de la loi", souligne-t-il.

Quant à Karl Stoeckel (UNL, lycéens), il exige "que le CPE soit retiré, par abrogation ou substitution", car "une suspension serait ambiguë et d'une "validité juridique douteuse".

Par gery, 08 avril 2006 21:42 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(0) | Permalien | Rétroliens (0)

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