De quoi vous donner la chair de poule
Les méfaits de la grippe aviaire risquent d’avoir des conséquences ravageuses sur notre langage quotidien. On marche sur des œufs. Pour nous préserver, il va nous falloir bannir de nos propos moult expressions familières. L’opportunité de prendre la plume pour, du coq à l’âne, sortir de notre coquille, et pondre ces quelques lignes dans un style ampoulé et de répertorier les nouveaux interdits.
Pour éviter toute mise en quarantaine n’appelez plus vos proches "ma poulette", "mon poussin", "mon canard" (sauf s’il s’agit de votre journal préféré), "mon petit oiseau des îles", "ma colombe", "ma petite caille". Et surtout ne vous couchez plus avec les poules. Ne fréquentez plus non plus quelque bécasse, oie blanche, dinde ou grue. De toutes manières il est grand temps pour vous de cesser de vous conduire en jeune coq et de vous pavaner comme un paon, sinon vous risquez à court terme d’être le dindon de la farce à force de roucouler devant une perruche à la bouche en cul de poule. Ne montez pas sur vos ergots pour autant et évitez de vous coiffer en crête de coq et de vous faire une teinture aile de corbeau. Ne vous précipitez pas non plus sur le premier rossignol venu, ne lisez pas Robert Merle et ne soyez pas trop gai comme un pinson. Si vous êtes musicien, haro sur la flûte à bec. Si vous êtes cinéaste pas de Festival de canes cette année. Si vous êtes aviateur ne battez pas de l’aile. Si vous êtes sportif plus de "cocorico" quand la France joue.
Dans vos sorties, attention aux prises de becs avec les poulets, toujours en quête de pigeons et de pies voleuses. Si vous croisez quelqu’un de familier, n’utilisez pas le mot "coucou" pour le saluer. Lors du repas, n’ayez pas un appétit d’oiseau.
Désormais, lorsque vous serez de sortie, il vaudra mieux éviter les vêtements "pied de poule". Si vous prenez une ou deux photos à cette occasion, ne tentez pas le diable en imaginant la sortie d’un petit oiseau de votre appareil, même si vous piaffez d’impatience.
Tout ceci n’est pas de la roupie de sansonnet, la politique de l’autruche n’y fera rien.
De quoi vous donner la chair de poule ! Ça fait beaucoup de jeux de mots, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ! Il doit y avoir un nid !
LE 12 RACCROCHE...Il n'y a plus d'abonné...
Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé. Le bon vieux 12, comme en 40, c’est fini. En France, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Vingt-quatre numéros commençant par 118 remplacent désormais celui des renseignements. Le bel imbroglio que voilà !
Nul doute que maintenant, avec le 118, dont on nous rebat les oreilles depuis cinq mois, on ne choisit pas la solution de facilité. Beaucoup connaissent ce numéro et l’ont mémorisé. Choisissez bien, choisissez pub ? Pour autant, peu l’utilise. La concurrence entre opérateurs est, reconnaissons-le, un petit casse-tête pour le consommateur basique, qui s’inquiète déjà, dénonçant, à juste raison, une tarification ardue et excessive, avec, cerise sur le gâteau, une éventuelle baisse de la qualité.
Sur ce grand (d)ring sur lequel boxeront les opérateurs sans prendre de gants, du sophistiqué 007 façon James Bond, au plus traditionnel 008, nous voilà renvoyés dans les cordes. Peut-être serons-nous sauvés par le gong tonitruant de Free qui joue lui carrément le partiellement gratuit. Sur le 118 818, la communication suivant cette mise en relation sera facturée au tarif équivalent à celui de l’opérateur historique.
Reste à savoir si la qualité du service et le délai de réponse seront en phase avec la demande.
Ribambelle de numéros barbares, jungle tarifaire et animaux féroces à l’écoute, l’univers impitoyable de la téléphonie va vous faire voir 36 chandelles, et pour cela, pas besoin d’appuyer sur la touche étoile. Seul mérite à cette conversation téléphonique, elle nous change du CPE, pour lequel il y a de la friture sur la ligne.
Election Italie : Vieux démons
"L'Italie n'est pas au bout de ses peines. La très faible avance de Prodi sur Berlusconi risque de mettre très vite le pays aux prises avec ses vieux démons de l'instabilité politique. Mathématiquement, les Italiens n'ont pas vraiment rejeté la droite et ils n'ont pas plébiscité la gauche. Une indécision qui pourrait peser lourd quand le nouveau gouvernement prendra des mesures pas toujours populaires pour sortir l'économie italienne de l'ornière."
L'atout de Prodi sera sans doute la respectabilité dont il jouit sur la scène internationale. Ancien président de la Commission européenne, son image n'a rien à voir avec celle laissée par les fanfaronnades et la superficialité d'un Berlusconi, plus prompt à la provocation qu'à une contribution efficace à la construction de l'Europe.
Il n'en demeure pas moins vrai qu'en l'espace de quelques semaines, deux démocraties proches par l'histoire et la culture, la France et l'Italie, ont révélé des fractures inquiétantes. Chez nous, les institutions ont montré des dysfonctionnements importants, avec un exécutif dépassé par la contestation et une classe politique qui découvre le malaise de la jeunesse. Chez nos voisins cisalpins, la mosaïque des partis, le mélange des genres tout à fait officiel entre politique et affaires - on l'a vu avec Berlusconi - et la gangrène mafieuse dans le Sud de la botte tiennent davantage de l'échafaudage branlant que de structures saines. Point commun des nations sœurs : une classe politique vieillissante et incapable de surmonter ses divisions pour affronter les défis du XXIe siècle. Dans les deux cas, ce sont les pratiques de type IVe République qui paraissent reprendre racine.
CPE: le PS hésite entre voter et boycotter...
.CPE: le PS hésite entre voter contre le texte de l'UMP et boycotter le vote, l'UDF votera pour
PARIS (AP) - Le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a annoncé mardi que son groupe hésitait encore entre voter contre la proposition de loi UMP remplaçant le CPE ou ne pas prendre part au vote. Côté UDF, on votera pour en traînant des pieds.
"C'est une sortie de crise qui se prépare" avec cette proposition de loi UMP, a reconnu M. Ayrault lors d'un point de presse, indiquant que son groupe hésitait entre voter contre ou ne pas prendre part au vote. Mais ce n'est pas ce texte "qui va changer quoi que ce soit. C'est une proposition improvisée pour sortir de la crise. Elle n'a qu'un mérite, c'est sortir de la crise", a-t-il dit.
Signe de l'embarras de la gauche, partagée entre sa volonté d'aiguillonner le gouvernement et la nécessité de sortir rapidement de la crise, le PS a proposé à ses alliés de l'opposition de prendre une "position commune" lors du vote. Or, il s'est vu opposer une fin de non-recevoir par le groupe communiste, qui s'orientait vers un vote contre. "Nous ne sommes pas de ceux qui désertent l'hémicycle", a sèchement lancé le député PCF Maxime Gremetz.
Mais la gauche ne compte pas faire traîner les débats. Elle ne déposera aucune motion de procédure. Le PS se contentera de "quatre, cinq" amendements. Le PCF ne défendra pour sa part que "quelques amendements", notamment pour réclamer l'abrogation du CPE en bonne et due forme ou le retrait du CNE. "Il n'y aura pas d'obstruction de notre part, aucune", a promis M. Ayrault (PS). "On ne va pas faire traîner les choses", a renchéri M. Gremetz (PCF).
Tout aussi embarrassée, l'UDF votera la proposition de loi UMP à contrecoeur. "On votera ce texte parce que c'est un texte de sortie de crise" mais "qui ne va pas révolutionner l'emploi des jeunes", a expliqué le porte-parole du parti, François Sauvadet.
Questionné sur une éventuelle démission de Dominique de Villepin, M. Sauvadet a considéré que "la façon dont il conduit le gouvernement devrait l'engager à s'interroger sur son propre destin". "Est-ce qu'il pourra continuer longtemps dans la situation qu'il traverse?", "la décision lui appartient", a-t-il glissé.
Quant à Jacques Chirac, "lui-même ne peut pas s'exonérer de ses propres responsabilités", a estimé le porte-parole de l'UDF. "La démocratie ne fonctionne plus bien dans notre pays". "C'est l'échec du système qu'a voulu Jacques Chirac, c'est l'échec du système du parti unique", a-t-il lâché. AP
A torn electoral poster of Italian Premier Silvio Berlusconi
A torn electoral poster of Italian Premier Silvio Berlusconi is seen in Rome, Wednesday, April 12, 2006. Political uncertainty loomed in Italy after one of the country's closest elections as center-left leader Romano Prodi emerged the winner by a razor-thin margin Tuesday and Premier Silvio Berlusconi refused to concede defeat and demanded a recount of the vote alleging irregularities.

1 2 Suivant»

