Ségolène Royal apporte-t-elle "un espoir" à la gauche?

La campagne de Ségolène Royal crée une tension dans la majorité du PS
Photo
agrandir la photo

PARIS (AFP) - L'installation de Ségolène Royal dans la position d'ultra-favorite au PS pour la conquête de l'Elysée en 2007 suscite des frictions au sein du courant majoritaire du parti, tiraillé entre ceux qui ne veulent pas ruiner ses chances et les amis de Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn.

Le malaise est amplifié par des soupçons de partialité à l'encontre de Francois Hollande (et de son entourage), auquel sa fonction de premier secrétaire confie un rôle d'arbitre. Des échos parus dans la presse sur de vives critiques portées en privé par l'ancien Premier ministre Lionel Jospin sur la présidente de Poitou-Charentes et le numéro un du PS témoignent de ce nouveau regain de tension. De même que la pierre jetée dans le jardin de Mme Royal par des responsables femmes du PS, exaspérées par la "pipolisation" autour de Ségolène Royal. Selon un de ses récents visiteurs, l'ancien locataire de Matignon a critiqué l'attitude "totalement opportuniste" de la présidente du Poitou-Charentes et a reproché à M. Hollande soit de conduire la préparation de la présidentielle au bénéfice de sa compagne, soit de manquer d'autorité. Des propos que dément l'ex-ministre Daniel Vaillant, très proche de M. Jospin. "Il n'a rien exprimé sur le sujet et il n'y a aucun acrimonie chez lui. De toute façon, la présidentielle ne se joue pas un an avant", selon le député de Paris. De leur côté, des femmes (dont Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, Michèle Sabban, vice-présidente de la région Ile de France, et Annick Lepetit, députée de Paris) demandent que le PS reste le lieu de vie "des principes républicains de liberté et d'égalité". "On est en train de vouloir contourner le vote des militants avec les sondages et les médias", s'émeut Mme Sabban. Ces épisodes ont fait monter au créneau des responsables compréhensifs à l'égard de la députée des Deux-Sèvres. Le numéro deux du PS, François Rebsamen, a affirmé que "l'heure n'est pas à critiquer celle qui peut redonner, à un moment, espoir à la gauche", lui faisant crédit, à l'inverse des "rebelles", de mettre "sa popularité au service du Parti socialiste". Animateurs du groupe rénovateur du courant majoritaire du parti, les députés Gaëtan Gorce, Jean-Louis Bianco et Christophe Caresche ont invité les "éléphants à rejoindre rapidement leur réserve" et à se mettre "au service du projet collectif". Ils ont mis en garde contre "la constitution d'un front anti-Ségolène Royal" qui "ne pourrait qu'affaiblir collectivement" le PS. Pour M. Caresche, "il faut se méfier d'une bataille qui pourrait être terriblement fratricide" et ne pas faire "de procès d'intention" à Mme Royal. Les jospiniens doutent à des degrés divers de la poursuite de l'épopée Royal. "Les Français, le moment venu, auront besoin d'un président-projet, pas de cosmétiques", affirme M. Vaillant. "Je ne vois pas comment le PS pourrait désigner une personne qui est autant en rupture idéologique, comportementale, et politique avec sa tradition", affirme Jean Glavany, pour qui Mme Royal est "populiste". Les partisans de Dominique Strauss-Kahn, également sur les rangs pour l'investiture, ne sont pas en reste. Pour le député Jean-Christophe Cambadélis, "le battage autour d'une victoire annoncée" de Ségolène Royal en 2007 est "une formidable illusion qui prépare bien des désillusions". Les fabiusiens se font discrets. "Ce qui compte, c'est d'avoir une règle claire et connue permettant de constater l'impartialité de la rue de Solférino (siège de la direction du PS, NDLR) dans la désignation par les militants", souligne Claude Bartolone.

Par gery, 29 avril 2006 00:07 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(0) | Permalien | Rétroliens (0)

Creer un Blog Signaler un abus sur ce blog