Le PS discute du projet 2007...
Etats généraux du PS à Bordeaux en pleine crise Clearstream
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BORDEAUX (AFP) - Le Parti socialiste a avancé dans l'élaboration de son projet pour 2007 samedi à Bordeaux, en pleine crise Clearstream qualifiée de "crise morale grave" par son premier secrétaire, et en présence de tous ses présidentiables, Ségolène Royal comprise. "La France est sortie d'une crise sociale profonde pour entrer dans une crise morale exceptionnellement grave, dangereuse pour l'Etat et les institutions", a déclaré François Hollande à l'issue des travaux des Etats généraux du parti, axés sur l'emploi et la croissance. "La victime est la démocratie", a ajouté le patron du PS qui a appelé le président Jacques Chirac à "parler" et à "changer de gouvernement". Il doit assumer une fin de mandat "dans la sérénité", a-t-il dit. Clearstream est une "affaire de voyous", a lancé de son côté, Laurent Fabius. Mais le PS n'entend pas précipiter les échéances: "nous respectons le calendrier", a souligné M. Hollande. Certes, selon lui, "le Parti socialiste est d'ores et déjà prêt" pour prendre le pouvoir en cas de retour immédiat aux urnes, mais "il le sera encore davantage en 2007". Henri Emmanuelli, organisateur des Etats généraux, a dit une nouvelle fois que le PS ne souhaitait ni "élections anticipées" ni "une cohabitation". Le PS veut donner du temps au temps pour forger son programme et choisir son candidat à la présidentielle entre la demi-douzaine de prétendants. M. Emmanuelli a remarqué, non sans malice, qu'à l'approche des échéances, les réunions du projet "sont de plus en plus fréquentées par ceux et celles qui veulent porter ce projet", dans une allusion à la présence à Bordeaux de Dominique Strauss-Kahn, de Laurent Fabius, de Jack Lang et de la présidente de Poitou-Charentes, favorite des sondages. Mais, "le contenu du projet est plus important que celui qui le porte", a prévenu le député des Landes qui a concédé l'existence de "quelques scènes de ménages" au PS. Pour Dominique Strauss-Kahn, qui vient de lancer une vaste campagne de soutien à sa propre investiture, la victoire dépend aussi de la qualité du présidentiable. "Il faut un "débat et une confrontation des idées" entre les candidats pour que "la sélection se fasse en fonction de l'aptitude à gagner" face la droite, a-t-il dit, sans dénier cette qualité à la Mme Royal. Laurent Fabius, de son côté, a estimé que "la gauche ne peut l'emporter que si elle est rassemblée autour d'un programme de gauche". Quant à Ségolène Royal, elle a fait à son habitude une apparition très médiatisée et a été économe de ses commentaires devant la presse. Elle a fait remarquer qu'elle "ne reniait rien" de ce qu'elle avait dit de positif sur l'expérience de Tony Blair, malgré l'échec électoral de ce dernier, alors qu'aucun de ses rivaux ne voit dans le blairisme un modèle pour la France. Les débats à Bordeaux ont permis au PS d'affiner ses choix économiques et sociaux pour 2007. La relance de la croissance et la stimulation du pouvoir d'achat par une politique fiscale et salariale restent une priorité. Des mesures controversées lors des débats, comme la fusion de l'impôt sur les sociétés et de la CSG, sont retenues. M. Emmanuelli a proposé en outre la suppression de la taxe professionnelle pour toutes les activités industrielles, option qui risque de ne pas faire l'objet d'un consensus. Enfin, M. Hollande a souligné que la gauche au pouvoir en 2007 "va abroger le Contrat nouvelle embauche". Le projet socialiste devrait être entériné par une convention nationale du parti le 1er juillet.