A Warloy-Baillon, commémorer...dans le canton de corbie

A Warloy-Baillon, commémorer, c'est se souvenir du passé avec les yeux du présent.
"Emotion partagée lorsque le défilé s’est arrêté devant la maison de retraite où l’harmonie a interprété « les Roses de Picardie » à nos aînés.
Emotion collective dans le cimetière, lors du discours d‘Isabelle DEMAISON, conseillère générale du canton de Corbie, nous invitant à nous souvenir des conditions de la guerre. (voir Discours de Madame Demaison à Warloy-Baillon).
Ce jour là, les mots ont cimenté l’identité collective et fait comprendre à beaucoup d’entre nous combien le devoir de mémoire était important pour la vie de tout individu mais aussi pour toute la communauté.
En effet, des évènements graves ont marqué notre histoire. Le rappel régulier de ces évènements et leur transmission aux générations futures sont parmi les moyens de résister à l’oubli.
Avec le passé, nous témoignons pour l’avenir dans l’intérêt des jeunes ; la mémoire des conflits leur est ainsi transmise.
Recueillir les témoignages, conserver les récits, raconter aux jeunes générations l’histoire de ceux qui ont disparu, leur faire comprendre les raisons de leurs combats et de leurs souffrances évitera, espérons le, de revivre toutes les atrocités vécues lors du dernier conflit mondial. " ANTOINE gérald, élu de Corbie
Hommage au cimetière de Warloy-Baillon par Isabelle Demaison

Madame Demaison lisant son discours au milieu des anciens combattants
Commémoration au cimetière de Warloy-Baillon, le 28 mai 2006...
Présent à cette cérémonie, je vous transmet le discours de Madame Demaison qui a eu la gentillesse de le donner.
"Je remercie Monsieur le maire de m’avoir permise de dire quelques mots dans ce lieu chargé d’une si lourde histoire.
Nous sommes dans un cimetière militaire et c’est avec beaucoup d’émotion, de respect et de solennité que nous devons penser aux hommes qui reposent ici.
Le cimetière de Warloy-Baillon a compté jusqu'à 1347 tombes en 1916, il se trouvait prés du front des batailles de la Somme, et son hôpital en pleine campagne en faisait un lieu stratégique.
En parcourant les tombes, vous serez frappés par les épitaphes, l’âge, la nationalité et les faits d’armes de ces valeureux combattants.
Mais une m’a particulièrement touchée, celle du soldat volontaire anglais matricule 11257, fusillés pour l’exemple le 23 novembre 1916.
105 autres jeunes soldats ont été fusillés pour l’exemple cette année là, les deux derniers le 26 et le 28 décembre 1916 dans notre département.
Qu’aurions nous fait, comment aurions nous réagi, telle est bien souvent mon interrogation.
Le film« joyeux noël », récemment sorti, nous fait réfléchir autrement sur ces hommes, qui au milieu de cette boucherie , sont restés tout simplement humain, les soldats d’en face qui étaient leurs ennemis, étaient comme eux, des pères de familles, des ouvriers, avec la même envie de rentrer au pays.
La guerre 1914 -1918, les enfants l’apprennent dans les livres d’histoire, moi j’ai eu la chance de connaître mes deux grand -pères, qui ont tout deux participé à ce terrible conflit.
L’un n’en parlait jamais, il ne sortait jamais ses médailles gagnées sur les grandes batailles comme Verdun.
Sa vie après la guerre n’a plus jamais été comme avant.
Mon autre grand-père, lui m’en parlait souvent, comme si il avait besoin ,de le dire encore et encore pour que jamais cela passe dans l’oubli.
Il me parlait de solidarité, de fraternité, d’espoir mais aussi il me parlait de froid, de faim, de poux et de rats qui grouillaient dans les tranchées, de l’alcool que l’on donnait aux soldats avant le combat pour se donner du courage pour monter au front, de la mort hormis présente autour d’eux, de sa jeunesse a tout jamais sacrifié.
Son plus beau souvenir, et il en était très fier, c’était le 11 novembre 1918, le jour de son mariage;
Il avait eu une permission exceptionnelle de deux jours pour se marier, en sortant les cloches sonnaient, c’était l’armistice.
Je rend hommage à tous ces hommes venus du monde entier se battre pour défendre un idéal de paix, à toutes ces vies brisées, mutilées, l’horreur qu’ils ont connus , jamais nous ne devons l’oublier.
Nous nous devons pour eux, au delà de cette année de commémoration du 90 anniversaire des batailles de la Somme, raconter leur histoire à nos enfants et nos petits enfants,
leur sacrifice ne doit pas être vain, leur mémoire doit rester éternellement dans notre cœur ; pensons à eux jeunes hommes en pleine fleur de l’âge, venus sur une terre lointaine se battre pour défendre un idéal.
Ayons une pensée aussi, pour ces femmes qui ont du en l’absence de leurs maris, de leur fils faire les travaux dans les champs, travailler dans l’industrie, faire des canons.
Elles aussi, ont connu des moments difficiles, ceux d’attendre, d’avoir peur mais elles ont aussi connu la faim;
La solidarité, elles ont du l’exercer et montrer l’exemple
Combien n’ont jamais revu leur fils, leur maris, morts pour la France ou disparus.
Combien ont retrouvé des maris si détruits physiquement et moralement qu’elles ont du soutenir toute leur vie durant.
Tous ne voulaient plus d’une autre guerre, la der des der avaient ils dit!
Malheureusement, quelques années plus tard un autre conflit mondial a fait couler beaucoup de sang.
La barbarie, la haine et la xénophobie ont mené des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dans les fours crématoires.
Aujourd’hui, notre monde vit à l’heure des attentats pour une raison ou une autre, ici et là, des innocents meurent chaque jour.
Apprenons le respect, la tolérance, ne laissons pas la haine envahir notre quotidien.
Que ces hommes reposent en paix , à nous maintenant de veiller sur eux et de savoir préserver et perpétuer le message qu’ils nous ont laissés "un message de paix" "