Nicolas Sarkozy va bientôt présenter la facture aux Français, prédit François Hollande
TOULON - François Hollande a estimé samedi que la "politique de rupture" du président Nicolas Sarkozy allait se traduire par "une facture qui va être présentée dans quelques semaines, dans quelques mois aux Français", condamnés selon lui à payer "les cadeaux qui ont été accordés aux plus favorisés".
Le Premier secrétaire du Parti socialiste accuse de fait le chef de l'Etat de manquer de transparence, de sincérité et de vérité.
Faisant sa rentrée politique à l'occasion du rassemblement du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) à Toulon, M. Hollande a tiré un premier bilan des cent premiers jours au pouvoir de M. Sarkozy. "D'une certaine façon, c'est une présidence de rupture. Rupture dans le langage: c'est lui qui parle. Présider, pour lui, c'est parler. Rupture aussi dans la pratique institutionnelle: il n'y a plus de Premier ministre, plus de gouvernement; c'est lui qui décide. Et puis aussi une rupture dans le style: c'est lui qui essaie toujours d'être dans le fracas, dans l'annonce, dans l'incantation."
Mais, a-t-il poursuivi, "cette rupture est au service de quelle politique? Une politique qui va en fait être une facture qui va être présentée dans quelques semaines, dans quelques mois aux Français. Et c'est là que je veux jouer tout mon rôle: alerter, informer, car le défaut de transparence est ce qui caractérise le plus les 100 jours de Nicolas."
Dans un entretien au "Journal du dimanche", M. Hollande enfonce le clou en jugeant que la "facture" en question "sera le résultat de promesses inconsidérées faites pendant la campagne présidentielle par le candidat Sarkozy". En effet, explique-t-il, "le paquet fiscal voté a coûté entre 10 et 13 milliards d'euros et cela est d'autant plus préoccupant pour l'état de nos finances publiques que la croissance n'est pas au rendez-vous".
"Après l'état de grâce, il y aura la facture de l'Etat", avertit le patron du PS dans les colonnes du "JDD". "Pour avoir appartenu aux gouvernements Raffarin et Villepin, Nicolas Sarkozy ne pouvait ignorer la fragilité de la situation économique de la France, qui atteindra sans doute les 30 milliards d'euros de déficit de la balance commerciale à la fin de l'année, ce qui est un record historique".
Jurant ne pas vouloir jouer "les oiseaux de mauvais augure", François Hollande affirme s'efforcer "d'attirer l'attention des Français sur l'état inquiétant de notre économie et de nos finances publiques. Etat qui ne pourra être qu'aggravé par la crise financière mondiale qui se profile".
source AP