Pourquoi l'orage de juillet dernier entre Sarkozy et le ministre allemand des finances Peer Steinbrück, à propos du déficit français, n'a-t-il éclaté dans les medias français qu'à la rentrée ?

Pour connaître toutes les raisons d'un orage à retardement, cliquez sur notre enquête ci-dessous

 


Chronique de Maja
envoyé par LalieW

Par gery, 16 septembre 2007 09:59 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(0) | Permalien | Rétroliens (0)

Le chef de l’État Nicolas Sarkosy s’est donc bien comporté comme la cigale de la fable, comme on pouvait le craindre

Le « choc fiscal » de Sarkozy a fait long feu

Dsc04135_2 Le chef de l’État s’est donc bien comporté comme la cigale de la fable, comme on pouvait le craindre : sans penser à l’hiver, Nicolas Sarkozy a dépensé sans compter, multipliant les cadeaux fiscaux aux plus riches (impôts sur les successions, bouclier fiscal, intérêts d’emprunts) ou à ceux qui ont déjà un emploi (heures supplémentaires). Le tout pour un coût annuel qui n’est pas encore estimé avec précision, mais qui devrait tourner autour de 15 milliards d’euros par an. Ce « choc fiscal » était censé réamorcer la pompe de la confiance, donc de la croissance et de ramener les comptes publics à l’équilibre à 2012 voire à 2010 comme l’avait promis Jacques Chirac. Et patatras : la Commission, après l’OCDE et la BCE et avant le FMI, vient de revoir drastiquement à la baisse les prévisions  de croissance française. Certes, tout le monde va subir le contrecoup de la crise du crédit immobilier aux États-Unis, mais la France plus que tous les autres.

Ainsi, hier, l’exécutif européen a estimé que la croissance de la zone euro n’atteindrait que 2,5 % en 2007 au lieu de 2,6 %. Peu de chose. Mais pour la France, c’est la Bérézina : 1,9 % contre 2,4 % prévu, soit un recul de l’activité de 0,5 %. C’est le seul pays qui enregistre un tel recul ! Évidemment, cela va avoir un effet désastreux sur le déficit qui risque de dépasser les 2,4 % du PIB annoncé par Sarkozy (alors que le gouvernement Villepin espérait parvenir à 1,8 % cette année, ce qui aurait possible sans la folie dépensière de Sarkozy). Et comme si cela ne suffisait pas, le déficit commercial français atteint des profondeurs abyssales, avec 33 milliards d’euros en rythme annuel (ce déficit se creuse surtout vis-à-vis de nos partenaires de la zone euro).

Le problème, pour la France, est que les prévisions pour 2008 ne s’annoncent pas meilleures, la crise financière de l’été n’ayant pas fini de produire ses effets. L’Allemagne, en comparaison, tire les bénéfices des réformes structurelles mises en œuvre sous le gouvernement Schröder : sa croissance atteindra 2,4 % cette année (contre 2,5 % prévu) et son déficit public est quasiment ramené à zéro. Quant à son excédent commercial, il atteint des records. Comme le disait récemment Jean-Philippe Cotis, le chef économiste de l’OCDE, cité par la Tribune de ce matin, c’est la démonstration que les économies française et allemande sont complémentaires : « les Allemands produisent, les Français consomment ».

Le Conseil informel des ministres des finances qui se tient vendredi et samedi à Porto, au Portugal, -et auquel je vais assister- risque donc d'être particulièrement désagréable pour Christine Lagarde. Car il se passe exactement ce que craignaient les partenaires de la France au sein de la zone euro après l'annonce du paquet fiscal de Sarkozy. Ils l'avaient d'ailleurs fait savoir sans ménagement au chef de l'Etat qui était pourtant venu en personne assister à l'Eurogroupe du 9 juillet afin d'essayer de les convaincre de la justesse de sa politique économique.

Alors, c’est de la faute à qui ? Comme au foot, aux poteaux carrés, au temps pourri, à20060411t125705z_01_nootr_rtridsp_3 l’herbe trop grasse, au manque de fair-play de nos adversaires ? Il serait temps d’arrêter d’incriminer les taux d’intérêts de la BCE ou le taux de change de l’euro (qui a atteint aujourd'hui un nouveau record face au billet vert, à 1,3880 dollar ) pour expliquer les piètres performances de l’économie française : placés dans les mêmes circonstances, tous nos partenaires font mieux. Il s’agit donc d’un problème interne, notamment d’un problème de compétitivité des entreprises. Les réformes sont devenues inéluctables et elles risquent de faire mal à force d'avoir été trop différées. Ce qui promet un hiver chaud, chaud, chaud.

Par gery, 16 septembre 2007 09:42 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(1) | Permalien | Rétroliens (0)

Les nouvelles attaques contre la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) : « que veut Nicolas Sarkozy ? Faire exploser l’euro ? A-t-il un agenda caché ? »

Sarkozy contre l'euro

Les déclarations du président de la République critiquant la Banque centrale européenne et le Premier ministre luxembourgeois ont provoqué un tollé à Porto où étaient réunis, vendredi et samedi, les ministres des Finances et les banquiers centraux de la zone euro.

Dsc04686 Ce banquier central d’un pays de la zone euro ne cache pas sa colère : « que veut Nicolas Sarkozy ? Faire exploser l’euro ? A-t-il un agenda caché ? » Les nouvelles attaques contre la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et la gouvernance économique de l’eurozone menées, sabre au clair, par le chef de l’État, ont consterné, et le mot est faible, les ministres des Finances et les banquiers centraux des Vingt-sept réunis à Porto, vendredi et samedi. Alors que la situation des marchés financiers demeure plus que précaire, après la crise du crédit immobilier spéculatif, Sarkozy a donné l’impression de verser de l’huile sur le feu au pire moment. Face au comportement jugé « irresponsable », selon le mot d’un participant, du Président français, les grands argentiers et les banquiers centraux ont serré les rangs.

Selon Le Monde daté de dimanche/lundi, le chef de l’État a jugé que le Président de la BCE, Jean-Claude Trichet, et le président de l’Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, n’avaient pas été à la hauteur dans la gestion de la crise financière de l’été. « Quelle initiative a prise » Juncker, s’est-il interrogé devant quelques journalistes, dans l’avion qui le conduisait vendredi en Hongrie ? « Sur le capitalisme financier, c’est Angela Merkel et moi qui menons le débat. Il n’est pas absurde que le président de l’Eurogroupe s’interroge ».

Certes, la BCE, pour rassurer les marchés, n’a pas augmenté ses taux d’intérêt le 6 septembre dernier, contrairement à ce qui était prévu, « mais j’ai trouvé curieux d’injecter des liquidités sans baisser les taux ». Pour le chef de l’État, « on a fait des facilités pour les spéculateurs, on complique la tâche pour les entrepreneurs ». Ravi de ses « coups de boutoir », comme il le dit lui-même au Monde, il ne s’est pas arrêté en si bon chemin : il a accusé Peer Steinbrück, le grand argentier allemand avec lequel il a eu une vive prise de bec le 9 juillet dernier (Libération du 13 juillet) d’avoir une « vision comptable des choses ». « Que la croissance soit à 1,9 % ou 2,3 %, au fond cela ne change pas grand-chose, car, ce que je veux, c’est 3 % »

Jean-Claude Juncker s’est gentiment moqué de son homologue : « je ne commente pas les propos enDsc04690 l’air. Ils ont bien été tenus dans un avion, non ? » Et, montrant ses magnifiques bretelles : « je les ai mises pour me les faire remonter par Sarkozy », s’est-il esclaffé devant quelques journalistes… Le président de la Bundesbank, Axel Weber, lui, a réagi avec un mépris à peine déguisé, les Allemands n’ayant pas l’habitude de plaisanter avec la monnaie : « le degré de nouveauté des propos du Président est nul, leur influence sur les décisions de la BCE l’est aussi ». Peer Steinbrück, lui, a rappelé que « l’action de la BCE a été très largement saluée ici ». Le ministre des finances autrichien, Wilhelm Molterer, considère aussi que « la BCE agit de façon appropriée, correcte ». Et de souligner : « il est dans l’intérêt de tous de soutenir la BCE, c’est ce que je fais et je pense que tout l’Eurogroupe le fait également ».

Même Christine Lagarde, la ministre française, a déclaré à un journaliste de Reuters que « la BCE est une institution indépendante, il n'y a pas de débat à ce propos, et nous sommes tous très contents de ce que la BCE a fait cet été face (...) aux turbulences sur les marchés financiers ». Mais il est vrai que la déclaration a été faite vendredi, avant que les déclarations de Sarkozy ne soient connues...

Diplomatiquement, Jean-Claude Trichet (photo) s’est dit surpris des propos du Président : la semaine dernière, a-t-il rappelé, « il a dit qu’il approuvait » la décision de son institution de maintenir les taux d’intérêt inchangé, et même, a-t-il ironisé, « qu’il pensait que c’était grâce à son influence ». Pourquoi un tel Dsc04711 changement de ton ? Il a aussi rappelé que, durant la crise financière, Jean-Claude Juncker et lui-même avaient été en contact permanent, contrairement à ce que semble penser le Président français.« Notre action depuis le 9 août dernier a été sage, rapide, conduite avec sang-froid. Cela a été salué unanimement ici », a estimé Trichet.

Ce qui a frappé tout le monde à Porto, c’est l’incroyable amateurisme de Sarkozy qui ne semble pas savoir de quoi il parle. Ainsi, les centaines de milliards d’euros de prêts à très court terme accordés aux banques par la BCE ont déjà été récupérés et n’avaient pour objet que d’éviter l’implosion du système bancaire, qui aurait nui gravement à l’ensemble de l’économie, et non d’aider les « spéculateurs ». Trichet l’a souligné :  « le monde entier sait que nous avons lutté contre la spéculation et les spéculateurs »

La Banque d’Angleterre vient d’ailleurs de démontrer que sa réticence à injecter des liquidités dans le système se paye cash : elle a dû intervenir en urgence pour sauver de la faillite la banque Northern Rock, sans parvenir à enrayer la panique des petits épargnants. Rien de tel dans la zone euro. De même, considérer qu’une baisse de la croissance de 0,5 % n’est pas grave, car on vise 3 % l’an est un raisonnement qui en a laissé plus d’un bouche bée. Enfin, chacun se demande si le Président a conscience qu’il fait de la politique à crédit, sur le dos de ses partenaires : si le franc existait encore, ses déclarations auraient déclenché une crise monétaire grave qui aurait coûté cher à la France.

Au final, la sortie de Sarkozy ne fait que souligner davantage le total isolement de la France sur les sujets monétaire et financier. Certains voient dans les déclarations de Sarkozy l’influence de son « conseiller spécial », le souverainiste Henri Guaino qui se comporte en véritable ministre « fantôme » de l’Économie et des Finances. La question est désormais sur toutes les lèvres : à quoi sert Christine Lagarde qui s’est, une nouvelle fois, retrouvée désavouée et en porte-à-faux vis-à-vis de ses collègues ?

source http://bruxelles.blogs.liberation.fr

Par gery, 16 septembre 2007 09:36 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(0) | Permalien | Rétroliens (0)

Elysée : retour au principe de réalité

 

Les mauvaises perspectives de croissance provoquent des remous au sein de la majorité. L'Elysée, qui désire rester maître du calendrier des réformes, a réclamé le respect des « formes », alors que François Fillon, Premier ministre à la recherche de son propre rôle, veut imposer une accélération du rythme quitte à bousculer les syndicats. Une situation qui pourrait traduire le début de la fin de l'état de grâce.


 
A l'Elysée, on semble penser que si Nicolas Sarkozy pouvait tout faire tout seul, alors peut-être que les difficultés se résorberaient. En privé, en effet, il n'y a pas de mots assez durs pour qualifier tel ou tel ministre ou tel Premier ministre ; et, hier, le président de la République, a même cru devoir rappeler à François Fillon « qu'un peu de méthode ne nuit pas à la solution d'un problème ».Au moment où se profilent les premières vraies difficultés économiques pour la majorité, Nicolas Sarkozy traduisait ainsi tout son énervement à propos de la gestion du dossier des régimes spéciaux de retraites et lançait un avertissement au chef du gouvernement qui veut à tout prix exister alors que qualifié de simple « collaborateur » par la présidence. François Fillon a notamment affiché sa détermination devant les députés, qu'il vient de rencontrer, en affirmant vouloir appuyer sur l'accélérateur des réformes plutôt que sur le frein, ce qui équivaut à faire état d'une divergence de fond avec l'Elysée où l'on conseille plutôt de respecter les formes et surtout celle de la concertation promise pendant la campagne.En réalité tout se passe un peu comme si, à l'Elysée, on découvrait que gouverner c'est une affaire collective. Et si on s'énerve de ces couacs à répétition qui sapent une politique que l'on annonçait « de rupture », c'est parce que l'on sait que le temps des difficultés est venu et qu'il va falloir beaucoup de diplomatie pour ne pas mettre les Français dans la rue, ce qu'un député de la majorité a joliment formulé en expliquant « qu'on peut réformer sans klaxonner ». La croissance ne sera pas au rendez-vous, cela se confirme, ce qui justifie, aux yeux de Nicolas Sarkozy, la prudence.Il est urgent d'attendreFinalement, c'est l'Elysée qui décide du rythme des réformes, malgré ce qu'en disent François Fillon et un certain nombre de députés de la majorité. Donc, concernant les régimes spéciaux des retraites, le président s'exprimera le 18 septembre prochain pour dire ce qu'il en pense. Il ne renoncera pas devant les menaces syndicales, mais veut la concertation et une consultation de la représentation nationale.Pour la TVA sociale, alors qu'Eric Besson et Christine Lagarde viennent de remettre leurs rapports au Premier ministre, il semble qu'il soit devenu urgent d'attendre. Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, a en effet expliqué que le moment « n'était pas propice », à cause de la faiblesse de la croissance justement.Quand à la fonction publique, la question a été remise à un peu plus tard, car trop, c'est trop et qu'il convient d'évacuer certaines difficultés avant de s'attaquer à d'autres sous peine d'être débordé. Cela s'appelle « calmer le jeu ». C'est la volonté de Nicolas Sarkozy au moment où les sondages mentionnent une chute de sa cote de popularité, même si les satisfaits de sa politique restent largement majoritaires.Source par Patrice  Biancone  http://www.rfi.fr

Par gery, 13 septembre 2007 14:58 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(0) | Permalien | Rétroliens (0)

Premières tensions entre N. Sarkozy et F. Fillon : le début de la fin

Les régimes spéciaux créent les premières tensions publiques Sarkozy-Fillon

Les régimes spéciaux de retraites provoquent les premières tensions publiques au sein du duo exécutif, en pleine polémique soulevée par les déclarations de François Fillon sur ce dossier sensible.

Si Nicolas Sarkozy s'est gardé de désavouer le Premier ministre sur le fond, réaffirmant mardi à Rennes son intention de changer la situation "indigne" des régimes spéciaux, le chef de l'Etat l'a cependant nettement corrigé sur la forme, à l'orée d'une "rentrée sociale" que certains prédisent agitée.

"Un peu de méthode ne nuit pas à la solution d'un problème", a-t-il lâché, dans une allusion transparente aux propos de M. Fillon.

En assurant dimanche, à la surprise générale, que la réforme des régimes spéciaux était "prête", le Premier ministre avait déclenché une vive polémique et suscité les protestations de la gauche et des syndicats (déjà échaudés par les suppressions de postes de fonctionnaires prévues en 2008) contre l'absence de "concertation".

Alors que l'omniprésence de M. Sarkozy et le poids politique et médiatique de ses proches collaborateurs alimentent de manière récurrente les interrogations sur son rôle, M. Fillon s'est ainsi posé une nouvelle fois en garant de la "rupture" promise durant la campagne.

"C'est un peu mon rôle, en tant que chef du gouvernement, de faire les choses difficiles", expliquait-il la semaine dernière.

Surtout, le Premier ministre a paru, d'une manière inédite, prendre de vitesse le président lorsqu'il a indiqué dimanche ne plus attendre que son "signal" pour ouvrir les négociations sur les régimes spéciaux avec les partenaires sociaux. M. Sarkozy a confirmé mardi qu'il s'exprimerait le 18 septembre.

Si M. Fillon n'a de cesse de vanter la "complicité" du "couple" qu'il forme avec le chef de l'Etat, acceptant de travailler "dans l'ombre", il avait toutefois clairement défendu son statut, après avoir été placé au rang de "collaborateur" par Nicolas Sarkozy.

Un collaborateur, "c'est quelqu'un qui est appointé par un patron", tandis qu'un "homme politique (est) quelqu'un qui a des convictions et une légitimité, le suffrage universel", avait-il affirmé il y a huit jours, apparemment piqué au vif.

Une question d'autant plus sensible que le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui se définit lui-même en "principal collaborateur" du président, est souvent vu par la presse comme un "Premier ministre bis", voire comme un possible successeur de M. Fillon à Matignon.

Mardi, l'entourage du chef du gouvernement s'attachait en tout cas à dédramatiser la mise au point du chef de l'Etat sur les retraites. "La méthode, c'est la concertation des partenaires sociaux lorsque le président l'aura décidé", indiquait-on.

Mais, pour le député PS Arnaud Montebourg, il s'agit du "premier acte d'indiscipline, d'attitude frondeuse du Premier ministre par rapport au débordement permanent du président de la République". Selon lui, ce "premier conflit illustre bien la crise institutionnelle vers laquelle le système Sarkozy emmène le pays".

Cet échange entre les deux têtes de l'exécutif survient alors que MM. Sarkozy et Fillon subissent un net recul de l'approbation de leur action, dans le baromètre Ifop-Paris Match à paraître jeudi. Le chef de l'Etat perd cinq points, à 62%, et le Premier ministre neuf points, à 53%.

Par gery, 12 septembre 2007 00:46 | POLITIQUE EN GENERAL | Commenter(0) | Permalien | Rétroliens (0)

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