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Immigration: Brice Hortefeux attendu de pied ferme à l'Assemblée.Doit-on autoriser les tests ADN dans les conditions du regroupement familial?

POLITIQUE EN GENERAL — Par gery @ 10:16

PARIS - Haro sur l'immigration "subie": les députés reprennent mardi leurs travaux avec l'examen du sulfureux projet de loi Hortefeux, qui durcit encore les conditions du regroupement familial et pourrait autoriser dans ce cas des tests ADN. Vent debout, gauche et associations dénoncent un signal aux électeurs d'extrême droite.

Un amendement UMP adopté mercredi par la commission des Lois de l'Assemblée autorise une personne voulant bénéficier du regroupement familial à recourir à un test ADN pour prouver son lien de parenté en cas de doute sur ses documents d'état-civil. L'examen serait volontaire et "à ses frais". Motif avancé par Thierry Mariani, auteur de l'amendement et rapporteur du projet de loi: accélérer le traitement des dossiers délicats.

Il s'agit "d'humilier les personnes, de les empêcher de venir rejoindre leur famille!", a riposté François Hollande (PS), tandis que Marie-George Buffet (PCF) dénonçait des "fichiers génétiques pour les étrangers". Le collectif d'associations UCIJ (Uni-e-s contre l'immigration jetable) appelle à manifester mardi à 18h près de l'Assemblée. "Seul un magistrat peut ordonner le recours aux empreintes génétiques pour établir une filiation", a rappelé la LDH.

Mais voilà, "l'amendement ADN" embarrasse jusque dans la majorité. "Ça me heurte en tant que fille d'immigrés" car "ça jette l'opprobre sur les étrangers qui veulent venir chez nous", a lâché dimanche la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, Fadela Amara. Ces tests, censés être pratiqués dans le pays d'origine du demandeur, risquent d'être "inapplicables", a relevé le député UMP François Goulard. Le propre rapport de Thierry Mariani sur le projet de loi rappelle qu'un test de paternité coûte près de 300 euros.

"Aucun sujet ne doit être tabou", a voulu calmer jeudi le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Brice Hortefeux, soulignant que 11 pays européens appliquent déjà de tels tests. "Quel est le problème?", a relativisé Nicolas Sarkozy dans l'avion qui le ramenait de Hongrie, selon "Le Monde" daté de dimanche lundi.

Au-delà de cet amendement, la gauche et les associations ne décolèrent pas contre le projet Hortefeux, qui durcit encore les conditions du regroupement familial, qui ont déjà fait l'objet d'un tour de vis dans les lois Sarkozy sur l'immigration du 26 novembre 2003 et du 24 juillet 2006. Une colère encore attisée par la réprimande adressée mercredi par Brice Hortefeux à 19 préfets n'ayant pas atteint leurs objectifs d'expulsions de sans-papiers.

L'ambition avouée de Nicolas Sarkozy, chantre de l'immigration "choisie": porter de 7 à 50% la part de l'immigration de travail. Or, selon Brice Hortefeux, sur 185.000 titres de séjour délivrés en 2005, 94.500 l'ont été pour des motifs familiaux, contre 13.000 pour des motifs économiques.

Concrètement, le texte impose à une personne souhaitant faire venir ses proches de justifier de revenus allant de 1 à 1,2 SMIC hors allocations (de 1.280 à 1.530 euros brut). En 2003 et 2006, le Sénat avait repoussé des mesures similaires votées par les députés.

De plus, avant de venir en France, un candidat au regroupement familial devra se soumettre à un test linguistique et prouver sa connaissance des "valeurs" de la France. Au besoin, il sera tenu de suivre une formation de deux mois maximum dans son pays d'origine.

Les conjoints de Français déjà installés dans l'Hexagone seront, eux, contraints de repartir dans leur pays d'origine pour demander un visa, procédure qui prend souvent plusieurs mois. Les parents d'enfants ayant bénéficié du regroupement familial devront signer un nouveau "contrat d'accueil et d'intégration" familial. En cas de non-respect, leurs allocations familiales pourront être mises sous tutelle.

Enfin, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) sera placé sous la tutelle du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, et non plus de celle des Affaires étrangères.

Un "affichage politique très clair" en direction de l'électorat "qui a des difficultés avec les questions d'immigration", selon la députée guadeloupéenne George Pau-Langevin, porte-parole du PS dans ce débat.

SOURCE Par Nathalie Schuck AP


Pourquoi l'orage de juillet dernier entre Sarkozy et le ministre allemand des finances Peer Steinbrück, à propos du déficit français, n'a-t-il éclaté dans les medias français qu'à la rentrée ?

POLITIQUE EN GENERAL — Par gery @ 09:59

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Chronique de Maja
envoyé par LalieW

Le chef de l’État Nicolas Sarkosy s’est donc bien comporté comme la cigale de la fable, comme on pouvait le craindre

POLITIQUE EN GENERAL — Par gery @ 09:42

Le « choc fiscal » de Sarkozy a fait long feu

Dsc04135_2 Le chef de l’État s’est donc bien comporté comme la cigale de la fable, comme on pouvait le craindre : sans penser à l’hiver, Nicolas Sarkozy a dépensé sans compter, multipliant les cadeaux fiscaux aux plus riches (impôts sur les successions, bouclier fiscal, intérêts d’emprunts) ou à ceux qui ont déjà un emploi (heures supplémentaires). Le tout pour un coût annuel qui n’est pas encore estimé avec précision, mais qui devrait tourner autour de 15 milliards d’euros par an. Ce « choc fiscal » était censé réamorcer la pompe de la confiance, donc de la croissance et de ramener les comptes publics à l’équilibre à 2012 voire à 2010 comme l’avait promis Jacques Chirac. Et patatras : la Commission, après l’OCDE et la BCE et avant le FMI, vient de revoir drastiquement à la baisse les prévisions  de croissance française. Certes, tout le monde va subir le contrecoup de la crise du crédit immobilier aux États-Unis, mais la France plus que tous les autres.

Ainsi, hier, l’exécutif européen a estimé que la croissance de la zone euro n’atteindrait que 2,5 % en 2007 au lieu de 2,6 %. Peu de chose. Mais pour la France, c’est la Bérézina : 1,9 % contre 2,4 % prévu, soit un recul de l’activité de 0,5 %. C’est le seul pays qui enregistre un tel recul ! Évidemment, cela va avoir un effet désastreux sur le déficit qui risque de dépasser les 2,4 % du PIB annoncé par Sarkozy (alors que le gouvernement Villepin espérait parvenir à 1,8 % cette année, ce qui aurait possible sans la folie dépensière de Sarkozy). Et comme si cela ne suffisait pas, le déficit commercial français atteint des profondeurs abyssales, avec 33 milliards d’euros en rythme annuel (ce déficit se creuse surtout vis-à-vis de nos partenaires de la zone euro).

Le problème, pour la France, est que les prévisions pour 2008 ne s’annoncent pas meilleures, la crise financière de l’été n’ayant pas fini de produire ses effets. L’Allemagne, en comparaison, tire les bénéfices des réformes structurelles mises en œuvre sous le gouvernement Schröder : sa croissance atteindra 2,4 % cette année (contre 2,5 % prévu) et son déficit public est quasiment ramené à zéro. Quant à son excédent commercial, il atteint des records. Comme le disait récemment Jean-Philippe Cotis, le chef économiste de l’OCDE, cité par la Tribune de ce matin, c’est la démonstration que les économies française et allemande sont complémentaires : « les Allemands produisent, les Français consomment ».

Le Conseil informel des ministres des finances qui se tient vendredi et samedi à Porto, au Portugal, -et auquel je vais assister- risque donc d'être particulièrement désagréable pour Christine Lagarde. Car il se passe exactement ce que craignaient les partenaires de la France au sein de la zone euro après l'annonce du paquet fiscal de Sarkozy. Ils l'avaient d'ailleurs fait savoir sans ménagement au chef de l'Etat qui était pourtant venu en personne assister à l'Eurogroupe du 9 juillet afin d'essayer de les convaincre de la justesse de sa politique économique.

Alors, c’est de la faute à qui ? Comme au foot, aux poteaux carrés, au temps pourri, à20060411t125705z_01_nootr_rtridsp_3 l’herbe trop grasse, au manque de fair-play de nos adversaires ? Il serait temps d’arrêter d’incriminer les taux d’intérêts de la BCE ou le taux de change de l’euro (qui a atteint aujourd'hui un nouveau record face au billet vert, à 1,3880 dollar ) pour expliquer les piètres performances de l’économie française : placés dans les mêmes circonstances, tous nos partenaires font mieux. Il s’agit donc d’un problème interne, notamment d’un problème de compétitivité des entreprises. Les réformes sont devenues inéluctables et elles risquent de faire mal à force d'avoir été trop différées. Ce qui promet un hiver chaud, chaud, chaud.


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