un enseignant raconte sa rentrée, ses espoirs et ses craintes face aux réductions d’effectifs annoncées.
«Bonjour Clara» : Eva s’interrompt au téléphone pour saluer une élève. «A la veille de leur rentrée, certains viennent déjà voir le collège», explique-t-elle, manifestement ravie de retrouver son monde.
Enseignante de français, Eva, 28 ans, fait sa troisième rentrée dans ce collège ZEP (zone d’éducation prioritaire) de Nanterre (Hauts-de-Seine). Il y a quelques jours, elle déprimait à l’idée de reprendre : «Il y avait l’annonce de la suppression des 11 000 postes, notre image qui se dégrade dans l’opinion.» Mais, la porte du collège à peine franchie, l’enthousiasme est revenu.
La grande majorité des enseignants faisait leur prérentrée hier. Eva était au collège à 8 h 30. «C’est ma cinquième rentrée, j’ai déjà l’habitude. La grande nouveauté était le changement de principal.» Le nouveau a souligné ses priorités. Eva a été conquise: «Il veut encourager le travail en commun, que l’on ne reste pas seul dans son coin. Or, c’est tout ce que l’on demande.»
Pour le reste, rien de bien différent. Les fameuses «études accompagnées» qui seront mises en place de 16 à 18 heures dans les collèges ZEP ? «Nous en avions déjà pour les 6e et 5e, financées par le Conseil général des Hauts-de-Seine. Et il était prévu cette année de les étendre à toutes les classes.»
L’équipe a tout de même eu une mauvaise surprise: une centaine d’élèves en moins, essentiellement en 6e. Or, le collège avait déjà du mal à remplir ses classes. «Le risque est que l’an prochain, on nous ferme une classe de cinquième, ce qui signifiera des professeurs en moins. D’ailleurs, ce matin certains n’en menaient pas large.» Eva a plusieurs explications : «La mauvaise cote, mais aussi l’assouplissement de la carte scolaire qui a permis à de bons élèves de partir du collège.»
Chacun attendait son emploi du temps. Eva est plutôt satisfaite, comme l’an dernier, elle aura son lundi libre : «Un jour où je prépare mes cours, tranquillement, j’adore.» Au total, elle fera vingt heures trente par semaine - dix-huit imposées et deux heures et demie supplémentaires. Elle est aussi professeure principale d’une classe, ce qui lui vaut une indemnité, ajoutée à celle qu’elle touche en ZEP.
Le conseil des ministres s'est tenu exceptionnellement à Strasbourg ce vendredi. Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, a refusé de commenter le coût de cette réunion ministérielle.
Par Thomas CALINON (à Strasbourg)
LIBERATION.FR : vendredi 7 septembre 2007
Correspondant à Strasbourg
Le coût d’un conseil des ministres décentralisé ? «Une polémique inepte», balaie Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement : «On n’a pas l’intention de se laisser enfermer à Paris. Se déplacer sur le terrain, c’est fondamental pour faire avancer les dossiers régionaux».
Lors de la conférence de presse tenue à l’issue du conseil des ministres, exceptionnellement réuni à la préfecture du Bas-Rhin et de la région Alsace, à Strasbourg, le porte-parole du gouvernement a tout juste évoqué une «addition», celle «des allers-retours en TGV, voire des billets d’avion pour les ministres qui ont prévu des visites en Alsace» ce vendredi.
Pas un mot sur le coût du déploiement des forces de l’ordre, pourtant omniprésentes dans la ville depuis jeudi soir. «Le pays n’est pas dirigé que de Paris. Passionnez-vous pour Strasbourg !», aurait lancé Nicolas Sarkozy à ses troupes. En compagnie du Premier ministre, François Fillon, il a invité les élus locaux à un petit-déjeuner. Plusieurs annonces ont suivi. La plus attendue était la confirmation du lancement en 2010 des travaux de la deuxième phase du TGV-Est, soit 106 kilomètres de voies nouvelles entre la Moselle et Strasbourg. C’est chose faite. Mais comme ce calendrier était annoncé depuis longtemps, il n’y a là rien de «l’accélération» évoquée par le président de la République dans un entretien aux Dernières Nouvelles d’Alsace.
La maire de Strasbourg, Fabienne Keller (UMP), se réjouit que le gouvernement ait décidé de mener à terme le contournement routier de Strasbourg et de créer dans sa ville une école européenne, «très attendue par les fonctionnaires européens». Sera-ce suffisant pour défendre la place de Strasbourg au cœur des institutions européennes ? «Il faut y aller à fond, la présence du Parlement européen dans une ville comme Strasbourg est un enjeu majeur !», a dit Nicolas Sarkozy à ses ministres.
Le président du conseil régional d’Alsace, Adrien Zeller (UMP), se dit «satisfait». Farouche partisan de la décentralisation, il a obtenu l’expérimentation dans son fief d’une «société régionale de participation au capital» des PME-PMI, un «outil de proximité» destiné à soutenir le développement économique.
Autre motif de réjouissance, l’instauration, vraisemblablement en 2008, d’une taxe spécifique pour les poids lourds empruntant les autoroutes alsaciennes, pour l’instant presque totalement gratuites. Les élus alsaciens travaillent sur le sujet depuis plus de deux ans.
Après Strasbourg, d’autres conseils des ministres décentralisés s’annoncent. En Corse notamment, cet automne. Christine Boutin, de son côté, prévoit de délocaliser pour dix jours son ministère de la Ville, à Lyon. Selon Laurent Wauquiez, les fonctionnaires s’installeront «place Bellecour, dans des Algeco»…
Pas un mot sur le coût du déploiement des forces de l’ordre, pourtant omniprésentes dans la ville depuis jeudi soir. «Le pays n’est pas dirigé que de Paris. Passionnez-vous pour Strasbourg !», aurait lancé Nicolas Sarkozy à ses troupes. En compagnie du Premier ministre, François Fillon, il a invité les élus locaux à un petit-déjeuner. Plusieurs annonces ont suivi. La plus attendue était la confirmation du lancement en 2010 des travaux de la deuxième phase du TGV-Est, soit 106 kilomètres de voies nouvelles entre la Moselle et Strasbourg. C’est chose faite. Mais comme ce calendrier était annoncé depuis longtemps, il n’y a là rien de «l’accélération» évoquée par le président de la République dans un entretien aux Dernières Nouvelles d’Alsace.
La maire de Strasbourg, Fabienne Keller (UMP), se réjouit que le gouvernement ait décidé de mener à terme le contournement routier de Strasbourg et de créer dans sa ville une école européenne, «très attendue par les fonctionnaires européens». Sera-ce suffisant pour défendre la place de Strasbourg au cœur des institutions européennes ? «Il faut y aller à fond, la présence du Parlement européen dans une ville comme Strasbourg est un enjeu majeur !», a dit Nicolas Sarkozy à ses ministres.
Le président du conseil régional d’Alsace, Adrien Zeller (UMP), se dit «satisfait». Farouche partisan de la décentralisation, il a obtenu l’expérimentation dans son fief d’une «société régionale de participation au capital» des PME-PMI, un «outil de proximité» destiné à soutenir le développement économique.
Autre motif de réjouissance, l’instauration, vraisemblablement en 2008, d’une taxe spécifique pour les poids lourds empruntant les autoroutes alsaciennes, pour l’instant presque totalement gratuites. Les élus alsaciens travaillent sur le sujet depuis plus de deux ans.
Après Strasbourg, d’autres conseils des ministres décentralisés s’annoncent. En Corse notamment, cet automne. Christine Boutin, de son côté, prévoit de délocaliser pour dix jours son ministère de la Ville, à Lyon. Selon Laurent Wauquiez, les fonctionnaires s’installeront «place Bellecour, dans des Algeco»…
Mulhouse, Colmar, Strasbourg... Sarkozy court toujours , le Président a sillonné hier l’Alsace sur un rythme et un ton de campagne.
Bouger, parler, toucher, s’émouvoir, menacer. Et accélérer toujours. Soit Nicolas Sarkozy soignant hier ses névroses sur les terres d’Alsace, où doit se tenir aujourd’hui, à Strasbourg, un conseil des ministres décentralisé.
Dans un étrange remake de sa campagne électorale, le chef de l’Etat a sillonné pied au plancher le Haut et le Bas-Rhin, enchaînant visite d’usine, inauguration d’université, rencontre avec des chercheurs et réunion consacrée à la sécurité. Le tout en une après-midi. «Et qu’est-ce qu’on attend de moi ? Que je reste à l’Elysée sur ma chaise à attendre le chaland toute la semaine avec la poussière qui tombe sur la pile de dossiers ?» , a lancé le président de la République à destination des grincheux, au milieu d’ouvriers.
Au moment où la croissance s’essouffle et compromet ses réformes, il a aussi cherché à (se) rassurer à coups d’incantations («Quand on veut, on peut», «Je ne resterai pas les bras croisés») et s’est livré au service après-vente de sa loi sur l’autonomie des universités. Bref, s’agiter pour ne pas laisser s’installer un début de doute sur les résultats de la «révolution sarkozyste».
Tics. Lorsqu’il débarque à Mulhouse en début d’après-midi pour inaugurer la magnifique université de la Fonderie, Nicolas Sarkozy salue les élus à la va-vite pour mieux fondre sur la foule et scruter l’œil du peuple. «Continuez», «courage», «merci pour tout», lancent les fans. L’intéressé calme sa joie par d’incessants tics d’épaule.
Le maire (ex-PS) entré au gouvernement avec le portefeuille de la Coopération, Jean-Marie Bockel, se réjouit d’accueillir ce «président réformiste, libéral social, qui [lui] a tendu la main». Pas mécontent d’avoir mis l’UMP sous sa coupe en vue des municipales, tout en ayant fait exploser le PS local ( Libération d’hier), le ministre d’ouverture récite son Sarkozy : «Je composerai une liste qui comprendra les meilleurs, comme dit le Président. J’ai été au bout du chemin avec le PS, mais je reste un homme de gauche.»
Une table ronde à la fac avec des responsables universitaires et des étudiants se transforme en une doucereuse musique à la gloire de l’autonomie des universités et de son inspirateur.
Pelleteuses. Mais cette réforme menée au pas de charge avant l’été, c’est encore lui qui en est le plus content : «Rendez-vous compte, ça fait quatre moi s que je suis Président, trois mois que j’ai une majorité… et il y a eu le mois d’août et de juillet.» Au passage, il promet une hausse de 16 % des bourses pour les chercheurs. La salle l’acclame et Jean-Marie Bockel lui offre une réplique miniature de la fameuse chaise Le Corbusier. «Souffler cinq minutes, ça fait pas de mal», ose le ministre-maire. Sarkozy esquisse à peine un sourire et laisse l’objet sur la table.
Direction Colmar et l’usine Liebherr où un policier vient de se tuer en tombant d’un toit qu’il sécurisait (lire encadré). Au milieu des pelleteuses, le voilà qui trône sur une estrade parmi les ouvriers casqués. «Je n’ai pas changé. La place d’un chef de l’Etat, c’est aussi dans les usines, à vos côtés. On disait que je vous oublierais. Eh bien me voilà», leur lance-t-il en débitant mot pour mot le couplet ouvriériste de sa campagne.
Il parle fins de mois difficiles, pouvoir d’achat qui va grimper. Il stigmatise aussi les chômeurs («celui qui veut pas travailler, eh ben les autres, ils paient pas pour lui»). Il propose une minute de silence pour le policier mort et s’en va, 28 secondes plus tard, signer des autographes à même les bleus de travail et les tee-shirts des ouvriers.
Par ANTOINE GUIRAL source http://www.liberation.fr/actualite/politiques
Présentation des candidats aux cantonales et au poste de 1er des socialistes sur Amiens
| Présentation de nos candidats aux cantonales et au poste de 1er des socialistes sur Amiens (21/09/2007) |
| La présentation du 1er des Socialistes sur Amiens et de nos candidats aux cantonales en 2008 aura lieu, le Vendredi 21 Septembre, à 19h, salle Dewailly. |
| Election du premier des socialistes aux élections municipales d'Amiens et des candidats aux cantonal (27/09/2007) |
| L'Election du premier des socialistes aux municipales d'Amiens et de nos candidats aux cantonales aura lieu, le Jeudi 27 Septembre de 19h00 à 22h00, grande salle, place Dewailly |