Un "détail" qui ne passe pas : Fillon a qualifié de "détail" l'amendement sur les tests ADN ...
Le "détail" de François Fillon sur l'amendement des tests ADN ne passe pas
Les déclarations du Premier ministre François Fillon, samedi lors du Conseil national de l'UMP, suscitent la controverse.
En effet, il a qualifié de "détail" l'amendement sur les tests ADN dans la phrase suivante: "cette loi dont les polémiques ont grossi jusqu'au ridicule un détail, en masquant l'essentiel: qu'elle rendait à la France le droit de choisir son immigration (...)".
Un "détail" qui ne passe pas
Or le mot "détail" fait bondir le président du Mrap (Mouvement contre le racisme et l'amitié entre les peuples), Mouloud Aounit. "En employant sciemment le mot «détail», le Premier ministre vient de franchir les limites de l'insoutenable et de l'indécence", dénonce-t-il dans un communiqué. "Il signe non seulement son compagnonnage avec l'extrême-droite mais participe aussi dangereusement à sa banalisation".
De même, Pierre Henry, le directeur général de France Terre d'Asile y a vu "une stratégie préélectorale préoccupante". "Le mot détail, employé dans le contexte actuel, est lourd de sens et ne peut qu'attiser les divisions", a-t-il dit. "Le Premier ministre n'a rien à gagner à manipuler les symboles sauf à considérer que l'agrégation de l'électorat d'extrême droite autour du bloc majoritaire vaut bien l'instrumentalisation de la question migratoire à 10 mois des municipales".
"S'il s'était agi d'un simple détail, non essentiel à la loi, comme l'a dit samedi le Premier ministre, on aurait évidemment pu s'en passer", affirme François Bayrou. "Or le combat pied à pied mené par le gouvernement, pendant des jours, pour sauver le principe de cette disposition montre assez que, pour certains, elle n'était pas secondaire", poursuit le député des Pyrénées Atlantiques.
Même analyse pour Pierre Moscovici (PS), qui dénonce "une stratégie politique qui est celle de la droite, qui est celle de Nicolas Sarkozy qui a conquis l'électorat FN en grande partie et qui veut le conserver et inscrit sans arrêt à l'agenda l'immigration". Et de demander au chef de gouvernement de "rectifier" ses propos, estimant que "ce n'est pas un détail, c'est même quelque chose d'une gravité extrême".
Le PS en appelle à Nicolas Sarkozy
Toujours au PS, Stéphane Le Foll, bras droit du numéro 1 François Hollande, a interpellé directement Nicolas Sarkozy, lui demandant de "confirmer ou contredire" son Premier ministre. "C'est une expression qui pour les socialistes est grave, très grave", a-t-il expliqué à l'AFP, dénonçant lui aussi "l'intention de la majorité, qui est de faire à travers cet amendement un clin d'oeil au Front National".
Un mauvais souvenir
En effet, la polémique naît du souvenir d'un mot de Jean-Marie Le Pen en 1987: celui-ci avait qualifié les chambres à gaz de "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Propos qui avaient valu une condamnation en justice au leader d'extrême droite.
Le parallèle est exagéré selon Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP. "Il faut vraiment beaucoup de malveillance pour faire un amalgame" entre les propos de François Fillon et ceux de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz, a-t-il réafi dimanche sur France-Inter.
AFFAIRE EADS : "Ou Thierry Breton ment ou c'est un incompétent"

François Chérèque (Sipa)
A l'époque des faits -entre novembre 2005 et mars 2006-, Thierry Breton était "l'actionnaire principal de la Caisse des dépôts en tant que ministre des Finances", a rappelé François Chérèque. Il affirme aujourd'hui qu'il n'était "pas au courant que la caisse des dépôts" avait "racheté" des actions d'EADS qui allaient perdre de la valeur, a-t-il observé. "Il y a un trouble! Ou il a mal fait son travail, ou il ment", s'est exclamé François Chérèque sur RTL.
Si le délit d'initié "est exact", a déclaré le secrétaire général de la CFDT, "il faut aller jusqu'au bout, il faut que les personnes soient poursuivies, condamnées". "Il faut que les personnes remboursent", a-t-il dit, regrettant que "les délits d'initiés ici en France" soient punis de "deux ans de prison maximum", alors que "c'est 20 ans aux Etats-Unis".
"Un système de rétribution des patrons d'entreprise"
Invité du Grand Jury RTL-Le Monde, le syndicaliste a dénoncé des pratiques "insupportables". "Ce qui fait réagir les salariés c'est quand le patron a une possibilité de s'enrichir lorsqu'il quitte l'entreprise parce qu'il n'a pas fait son travail", a-t-il observé.
François Chérèque a fustigé un "système de rétribution des patrons d'entreprise" qui consiste à "anticiper sur l'échec de sa propre politique".
"Faisons en sorte, lorsqu'on a un discours sur le mérite, qu'un patron ne s'enrichisse pas sur son propre échec, c'est insupportable", a-t-il martelé, rappelant "les discours de campagne" du président Nicolas Sarkozy sur la rémunération des salariés au mérite.
Thierry Breton "très mécontent"
Le 3 octobre, l'Autorité des marchés financière (AMF) confirmait une information du Figaro selon laquelle l'AMF avait transmis à la juge d'instruction Xavière Siméoni un rapport préliminaire mettant en cause les dirigeants et les actionnaires d'EADS dans une affaire de "délit d'initiés massif" entre novembre 2005 et mars 2006.
Deux jours après cette annonce, l'ancien ministre de l'Economie Thierry Breton affirmait qu'il "n'a jamais donné une seule recommandation ou instruction à la Caisse des dépôts et consignations en ce qui concerne un achat ou une vente d'actions" EADS. Assurant qu'il ignorait que la CDC voulait en acheter, il s'est même dit "très mécontent d'apprendre par la presse la prise de participation de la CDC" (AP)