Intervention d’Isabelle DEMAISON, groupe « Somme à Gauche » : C'est une politique de l'autruche qui est mise en place...
SESSION DU BUDGET PRIMITIF 2008
Session du 17 au 22 décembre 2007
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Nos politiques sociales sont notre principale compétence, notre principale responsabilité et dans la période économique que nous vivons, alors que se développe la précarité, nous ne pouvons que nous interroger sur l'efficacité de nos politiques et plus profondément encore sur le sens de notre politique sociale.
Depuis presque quatre ans, le même scénario se répète, le même budget est voté, les mêmes jérémiades sur le coût de l'APA sont prononcées, les mêmes jérémiades sont prononcées sur le budget du social.
Oui pourtant la situation sociale est alarmante et plus encore dans notre département très rural donc avec un isolement plus grand.Les femmes sont particulièrement touchées avec le travail précaire et à temps partiel, non choisi. La séparation vient souvent aggraver les situations déjà limites et le relogement qu’exige souvent l’urgence de ces situations, est la plupart du temps impossible.Les personnes âgées sont très isolées, avec peu de ressources et peu de services de proximité à leur disposition. Je ne parle pas des personnes qui vivent avec le RMI, pour eux, obtenir nos aides est devenu un parcours du combattant. Les critères en sont si compliqués, que je me demande comment ceux qui en ont besoins, arrivent à les obtenir.
Oui je m’inquiète de plus en plus car ceux qui travaillent et gagne le SMIC, c’est à dire moins de 1000 euros par mois, sombrent eux aussi dans la précarité et s’endettent de plus en plus.
Des schémas sont élaborés, avec toujours la même mécanique de travail : un bureau d'étude est choisi pour "auditionner" les salariés et les partenaires et établir des préconisations, qui seront ou non, retenues par l'exécutif, sans être vraiment discutées. (Je vous rappelle que la commission sociale du conseil général ne se réunit jamais en dehors des sessions, pourquoi engager une réflexion, vous n’avez en aucun cas besoin d’une réflexion collégiale)
Ces schémas sont obligatoires et ne montrent pas le plus souvent une action volontariste de notre Collectivité. Ils sont souvent intéressants, synthétiques mais sans programmation réelle de moyens, moyens qui leur font cruellement défaut, nous partons de ci loin, avec un manque d’équipements structurants
Le Conseil Général est formellement le chef de file des politiques sociales.Mais qu’en fait-il ? Peu de choses, car on continue à morceler, à émietter au travers des commandes passées à des associations diverses et on perd ainsi, petit à petit toute visibilité et toute vision globale. Notre collectivité devient ainsi un financeur qui, ici et là, cherche à réduire ses factures et met en difficulté les structures porteuses de projet qui désespèrent de boucler leur budget.
Oui je suis fâchée ! Vous qui nous parlez d’équité départementale ! Autant de cantons, autant de structures, autant d’inégalité !
On nous dit que les communes et les communautés de communes doivent être actives en matière sociale mais quand elles ne veulent pas le faire que se passe-t-il ? Comment le Conseil Général les incite t-elle à le faire ? Je cherche encore…
C'est une politique de l'autruche qui est mise en place : on se cache la tête sous les schémas, on ne veut pas voir que les places en EPHAD sont en nombre insuffisant, que les enfants qui nous sont confiés sont accueillis dans de mauvaises conditions, que les dispositifs comme le RMA, censés permettre aux allocataires du RMI de trouver du travail, ne servent qu'à une infime minorité, que les crédits d'insertion sont en baisse permanente… faute de finances saines. Jamais nous nous interrogeons sur l'efficience de nos politiques.Jamais nous nous interrogeons sur le bien être des personnes à domicile, sur les conditions de vie des allocataires du RMI, sur les conditions de vie de ceux qui sont radiés pour de bonnes ou mauvaises raisons et qui se retrouvent sans aucune ressource Sommes-nous sûrs que la recherche d’emploi à tout prix permet une réelle insertion, une insertion réussie pour des personnes qui ont perdu toute confiance en elle, tout repère.
Pour sortir de cette politique de l'autruche, il nous faut nous recentrer sur les besoins des usagers de nos services sociaux, mieux les comprendre, adapter les services. Il nous faut retrouver la dimension de politique publique, d’une politique au service du public Il nous faudra d'abord interroger l'Etat.
Nous sommes un département pauvre, avec une précarité forte et la décentralisation des derniers gouvernements nous a fortement pénalisés, nous devons revendiquer que l'action sociale soit financée par la solidarité nationale. Il nous faudra ensuite faire émerger des projets qui, bâtis sur les besoins réels, puissent mobiliser tous les acteurs, associatifs, institutionnels, politiques.
Ce n'est qu'à cette condition que nous pourrons créer les conditions d'un partenariat fort avec les collectivités territoriales, avec la Région, avec l'Etat, avec les Institutions de Santé. Il nous faudra enfin créer une culture de l'évaluation, une culture de l'appréciation permanente de l'efficacité réelle de nos politiques qui nous permet de saisir, toujours au plus prés les besoins des personnes fragilisées et les évolutions sociales de la société et de notre département.
Isabelle DEMAISON
Canton de Corbie : Inscription sur les listes électorales
Par courrier, votre demande doit être adressée au moyen du formulaire d'inscription agréé modèle A (Cerfa 12699) prévu cet effet, dûment complété accompagnée des pièces justificatives. Elle doit impérativement être parvenue en mairie avant le 31 décembre de cette année. Il est donc fortement conseillé d'envoyer votre demande à votre mairie avant le 15 décembre. La date limite s'apprécie au jour de la réception de la demande par la mairie.
L'intéressé ne pourra voter qu'à partir du 1er mars de l'année suivante, après la révision annuelle des listes électorales (entre le 1er septembre 2007 et le 29 février 2008).
CORBIE : Elections municipales les 9 et 16 mars 2008, l'occasion de changer de maire...
Elections Municipales 2008
les candidats ont la parole
... les électeurs aussi !
Les dates des élections municipales 2008 ont été fixées par le Décret n° 2007-1468 du 15 octobre 2007 fixant la date de renouvellement des conseils municipaux et portant convocation des électeurs.
Voici les dates des élections tirées de ce décret :
- Premier tour élections municipales : dimanche 9 mars 2008, le scrutin sera ouvert à huit heures et clos à dix-huit heures
- Second tour élections municipales : dimanche 16 mars 2008, le scrutin sera ouvert à huit heures et clos à dix-huit heures
- Arrêt des listes électorales : 29 février 2008
CORBIE :Pas content du tout le Président de la Com de Com Alain Babaut quand Isabelle Demaison critique son projet...
Dommage car à écouter les présents, il y a eu de l'animation!
Discours de Madame Demaison Isabelle, Conseillère Gébérale du Canton de Corbie
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les délégués communautaires,Monsieur le Président, permettez moi de faire quelques remarques sur le projet de développement de la ZAC.Ce projet vous l’avez dit est ambitieux, mais cette ambition rime-t-elle avec le raisonnable et le raisonné ?Je m’interroge ?En effet, le contexte socio-économique est difficile, les porteurs de projets se font rares, ainsi que l’argent public.Le développement de 80 ha supplémentaires de la zone implique un gros investissement de la communauté de communes mais aussi de toutes les autres collectivités : le Conseil Régional, Conseil Général et les communes.Vous connaissez le contexte départemental : un schéma de zone toujours pas défini, une volonté de promotion des surfaces disponibles à l’état embryonnaire, 3 pays en constitution qui vont chacun s’approprier la compétence économique et ainsi se faire de la concurrence.A côté de chez nous 2 autres zones situées dans un périmètre de moins de 30 Kms sur axe sensiblement identique : Haute Picardie avec une surface bientôt disponible de prés de 100 ha et de l’autre côté le pôle Jules Verne avec un projet d’extension de 80 ha pour l’instant bloqué administrativement mais pour combien de temps, personne ne le sait !La question fondamentale est : ce projet correspond-il aux attentes réelles du marché ?Aujourd’hui, 8 entreprises sur 10 cherchent du bâti déjà existant. D’ailleurs 3 projets d’hôtel d’entreprise sont en cours avec des petites surfaces clés en mains et des services mis en commun.Un collègue sur un autre canton me disait avoir réalisé ce type de projet et, en moins d’un mois toutes les surfaces étaient remplies.Je ne doute pas que vous vous êtes assuré des meilleurs conseils, mais ce sont bien au final les élus qui doivent décider, je vous rappelle à toute fin utile, simplement, qu’à aucun moment vous n’avez juger opportun de m’associer a ce projet, alors que le Conseil Général est un financeur conséquent.Tout cela pour vous dire que le qualitatif me paraît plus intéressant que le quantitatif :QUE VOULONS NOUS ?De grands bâtiments dédiés à la logistique qui emploient peu de personnes et sont dévoreurs d’espaces ?Le qualitatif, les entreprises le recherchent lorsqu’elles s’interrogent sur la qualité de vie de leurs cadres et de leurs salariés : avoir des services de mobilité pour arriver aux entreprises, avoir des services à la population (cantines, crèche), avoir un secteur associatif dense et un réseau touristique intéressant etc…Cela vous le savez , ces éléments permettent aussi, de faire pencher la balance en la faveur de tel ou tel secteur.Demain l’engagement financier de la communauté de communes est au maximum et très vite nous devrons avoir sûrement recours à une fiscalité mixte c'est-à-dire que la TPU ne sera plus notre unique ressource et il faudra chercher des financements sur la Taxe d’Habitation et la Taxe foncière, soit une charge supplémentaire pour nos familles (déjà lourdement touchées dans certaines communes) ou sur la part des communes qui dans ce cas verront leurs revenus diminuer.Un projet raisonné pour moi serait un projet réduit de moitié nous laissant une marge de manœuvre intéressante pour accueillir correctement les entreprises ,mais, aussi pour permettre à notre territoire un nouvel élan et un développement vers de nouvelles actions dirigées directement auprès des habitants.Nous devons faire aussi, attention ,aux entreprises déjà installées sur notre secteur et qui, vous le savez, sont assujetties à des marchés très fluctuants donc instables. Certaines ont déjà fermé et les friches, qu’en faisons nous ? rien pour le momentSoutenir l’emploi doit aussi être notre préoccupation.Nous voulons un développement économique harmonieux ,car il est la clé d’un territoire mais pas à n’importe quel prix et de n’importe quelle façon.Les habitants du canton que je connais bien, pour y passer de longues heures chaque jour et chaque week-end à leur rencontre, que souhaitent-ils ? le savez-vous ? l’emploi mais encore…Vous pouvez penser que je suis pessimiste, rétrograde et manquée d’ambition mais je souhaite simplement que notre territoire ne devienne pas un dortoir et que tous, ruraux et urbains profitions de l’essor et de l’opportunité d’un tel développement.Isabelle DEMAISONConseillère Générale du canton de CORBIE
