DEMAISON Isabelle_Canton Corbie_Actualités

12 sep, 2007

Premières tensions entre N. Sarkozy et F. Fillon : le début de la fin

POLITIQUE EN GENERAL — Par gery @ 00:46
Les régimes spéciaux créent les premières tensions publiques Sarkozy-Fillon

Les régimes spéciaux de retraites provoquent les premières tensions publiques au sein du duo exécutif, en pleine polémique soulevée par les déclarations de François Fillon sur ce dossier sensible.

Si Nicolas Sarkozy s'est gardé de désavouer le Premier ministre sur le fond, réaffirmant mardi à Rennes son intention de changer la situation "indigne" des régimes spéciaux, le chef de l'Etat l'a cependant nettement corrigé sur la forme, à l'orée d'une "rentrée sociale" que certains prédisent agitée.

"Un peu de méthode ne nuit pas à la solution d'un problème", a-t-il lâché, dans une allusion transparente aux propos de M. Fillon.

En assurant dimanche, à la surprise générale, que la réforme des régimes spéciaux était "prête", le Premier ministre avait déclenché une vive polémique et suscité les protestations de la gauche et des syndicats (déjà échaudés par les suppressions de postes de fonctionnaires prévues en 2008) contre l'absence de "concertation".

Alors que l'omniprésence de M. Sarkozy et le poids politique et médiatique de ses proches collaborateurs alimentent de manière récurrente les interrogations sur son rôle, M. Fillon s'est ainsi posé une nouvelle fois en garant de la "rupture" promise durant la campagne.

"C'est un peu mon rôle, en tant que chef du gouvernement, de faire les choses difficiles", expliquait-il la semaine dernière.

Surtout, le Premier ministre a paru, d'une manière inédite, prendre de vitesse le président lorsqu'il a indiqué dimanche ne plus attendre que son "signal" pour ouvrir les négociations sur les régimes spéciaux avec les partenaires sociaux. M. Sarkozy a confirmé mardi qu'il s'exprimerait le 18 septembre.

Si M. Fillon n'a de cesse de vanter la "complicité" du "couple" qu'il forme avec le chef de l'Etat, acceptant de travailler "dans l'ombre", il avait toutefois clairement défendu son statut, après avoir été placé au rang de "collaborateur" par Nicolas Sarkozy.

Un collaborateur, "c'est quelqu'un qui est appointé par un patron", tandis qu'un "homme politique (est) quelqu'un qui a des convictions et une légitimité, le suffrage universel", avait-il affirmé il y a huit jours, apparemment piqué au vif.

Une question d'autant plus sensible que le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui se définit lui-même en "principal collaborateur" du président, est souvent vu par la presse comme un "Premier ministre bis", voire comme un possible successeur de M. Fillon à Matignon.

Mardi, l'entourage du chef du gouvernement s'attachait en tout cas à dédramatiser la mise au point du chef de l'Etat sur les retraites. "La méthode, c'est la concertation des partenaires sociaux lorsque le président l'aura décidé", indiquait-on.

Mais, pour le député PS Arnaud Montebourg, il s'agit du "premier acte d'indiscipline, d'attitude frondeuse du Premier ministre par rapport au débordement permanent du président de la République". Selon lui, ce "premier conflit illustre bien la crise institutionnelle vers laquelle le système Sarkozy emmène le pays".

Cet échange entre les deux têtes de l'exécutif survient alors que MM. Sarkozy et Fillon subissent un net recul de l'approbation de leur action, dans le baromètre Ifop-Paris Match à paraître jeudi. Le chef de l'Etat perd cinq points, à 62%, et le Premier ministre neuf points, à 53%.


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