DEMAISON Isabelle_Canton Corbie_Actualités

13 sep, 2007

Elysée : retour au principe de réalité

POLITIQUE EN GENERAL — Par gery @ 14:58
 

Les mauvaises perspectives de croissance provoquent des remous au sein de la majorité. L'Elysée, qui désire rester maître du calendrier des réformes, a réclamé le respect des « formes », alors que François Fillon, Premier ministre à la recherche de son propre rôle, veut imposer une accélération du rythme quitte à bousculer les syndicats. Une situation qui pourrait traduire le début de la fin de l'état de grâce.


 
A l'Elysée, on semble penser que si Nicolas Sarkozy pouvait tout faire tout seul, alors peut-être que les difficultés se résorberaient. En privé, en effet, il n'y a pas de mots assez durs pour qualifier tel ou tel ministre ou tel Premier ministre ; et, hier, le président de la République, a même cru devoir rappeler à François Fillon « qu'un peu de méthode ne nuit pas à la solution d'un problème ».Au moment où se profilent les premières vraies difficultés économiques pour la majorité, Nicolas Sarkozy traduisait ainsi tout son énervement à propos de la gestion du dossier des régimes spéciaux de retraites et lançait un avertissement au chef du gouvernement qui veut à tout prix exister alors que qualifié de simple « collaborateur » par la présidence. François Fillon a notamment affiché sa détermination devant les députés, qu'il vient de rencontrer, en affirmant vouloir appuyer sur l'accélérateur des réformes plutôt que sur le frein, ce qui équivaut à faire état d'une divergence de fond avec l'Elysée où l'on conseille plutôt de respecter les formes et surtout celle de la concertation promise pendant la campagne.En réalité tout se passe un peu comme si, à l'Elysée, on découvrait que gouverner c'est une affaire collective. Et si on s'énerve de ces couacs à répétition qui sapent une politique que l'on annonçait « de rupture », c'est parce que l'on sait que le temps des difficultés est venu et qu'il va falloir beaucoup de diplomatie pour ne pas mettre les Français dans la rue, ce qu'un député de la majorité a joliment formulé en expliquant « qu'on peut réformer sans klaxonner ». La croissance ne sera pas au rendez-vous, cela se confirme, ce qui justifie, aux yeux de Nicolas Sarkozy, la prudence.Il est urgent d'attendreFinalement, c'est l'Elysée qui décide du rythme des réformes, malgré ce qu'en disent François Fillon et un certain nombre de députés de la majorité. Donc, concernant les régimes spéciaux des retraites, le président s'exprimera le 18 septembre prochain pour dire ce qu'il en pense. Il ne renoncera pas devant les menaces syndicales, mais veut la concertation et une consultation de la représentation nationale.Pour la TVA sociale, alors qu'Eric Besson et Christine Lagarde viennent de remettre leurs rapports au Premier ministre, il semble qu'il soit devenu urgent d'attendre. Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, a en effet expliqué que le moment « n'était pas propice », à cause de la faiblesse de la croissance justement.Quand à la fonction publique, la question a été remise à un peu plus tard, car trop, c'est trop et qu'il convient d'évacuer certaines difficultés avant de s'attaquer à d'autres sous peine d'être débordé. Cela s'appelle « calmer le jeu ». C'est la volonté de Nicolas Sarkozy au moment où les sondages mentionnent une chute de sa cote de popularité, même si les satisfaits de sa politique restent largement majoritaires.Source par Patrice  Biancone  http://www.rfi.fr

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