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07 avr, 2006

CPE: VILLEPIN TENTE DE REBONDIR...

POLITIQUE EN GENERAL — Par gery @ 00:16

CPE: Villepin tente de rebondir, poursuite des discussions UMP-syndicats
AFP 06.04.2006 - 23:09

Dominique de Villepin a tenté jeudi de rebondir en annonçant l'ouverture de nouveaux "chantiers" sans lâcher son CPE, alors que les principaux syndicats étudiants et lycéens ont appelé à "poursuivre la mobilisation" après leurs entretiens avec les parlementaires UMP.

Très fragilisé par cette crise entamée il y a plus de deux mois, qui a nourri les spéculations sur son éventuel départ de Matignon, le Premier ministre a clairement indiqué qu'il ne démissionnerait pas et a tenté de se projeter dans l'après-CPE, lors de sa neuvième conférence de presse mensuelle.

Il a affirmé qu'il "mènerait jusqu'au bout" la mission de la "bataille pour l'emploi" que lui a confiée Jacques Chirac et défendu l'"outil" du contrat première embauche.

Le chef du gouvernement a souhaité, dans le même temps, "un apaisement" et un "dialogue sans aucun a priori". A l'issue de la concertation menée par les parlementaires UMP, "nous tirerons ensemble les conclusions", a-t-il indiqué.

Signe de cette volonté de dépasser la crise, M. de Villepin a annoncé l'ouverture de "trois chantiers nouveaux": "sécurisation des parcours professionnels", "lutte contre la pauvreté et l'exclusion" et "renforcement des liens entre l'université et l'emploi".

Sans surprise, son intervention n'a pas désarmé les opposants au CPE, qui ont exigé mercredi le vote d'ici au 17 avril d'une loi abrogeant ce dispositif.

François Hollande (PS) a estimé que M. de Villepin "au lieu d'apaiser, inquiète et complique", et a réitéré l'"exigence" d'une abrogation du CPE.

Le PCF a accusé le Premier ministre de "tenter de gouverner contre le peuple", et les Verts ont dénoncé une "attitude de pompier pyromane".

Le villepiniste Hervé Mariton (UMP) a jugé M. de Villepin "volontaire, exigeant, responsable", tandis que Pierre Méhaignerie, secrétaire général de l'UMP, a prôné une "suspension" du CPE pour "trois à six mois", le temps de "négociations avec les syndicats".

Ces derniers ont réaffirmé à l'unisson que "les débats" souhaités par le chef du gouvernement ne pourraient s'ouvrir avant une abrogation du contrat litigieux.

"L'urgence, c'est de retirer le CPE", a résumé Jacques Voisin (CFTC).

Le Premier ministre s'est montré "hors du temps et du réel", a estimé Jean-Claude Mailly (FO).

De leur côté, les principaux syndicats d'étudiants et de lycéens sont sortis déçus de leurs entretiens au Sénat avec les présidents des groupes parlementaires UMP, chargés de rédiger une proposition de loi sur le CPE.

L'Unef et l'Unl ont appelé à "maintenir la pression" et Bruno Julliard (Unef) a souhaité "une intensification" du mouvement.

A l'inverse, Laurence Parisot (Medef) a indiqué avoir "le sentiment que la situation est en train de s'apaiser", et Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) a jugé que "nous sommes en bonne voie" pour "débloquer cette situation".

Pendant ce temps, à l'Assemblée nationale, le PS a lui aussi entamé des entretiens avec les représentants des syndicats étudiants, lycéens et de salariés.

Une proposition de loi d'abrogation du CPE des sénateurs PS, PCF, Verts et radicaux de gauche sera déposée vendredi, a annoncé le groupe PS au Sénat.

Sur le terrain, des actions coup de poing ont visé plusieurs gares de Paris et de province.

Quarante-deux universités restaient perturbées et neuf étaient bloquées ou fermées, tandis que 33 fonctionnaient normalement, selon l'Education nationale.

Les présidents des universités ont lancé un double appel au gouvernement et aux étudiants pour "sortir urgemment de la crise".

Côté proviseurs, le Syndicat des personnels de direction des lycées et collèges (SNPDEN) a appelé à l'abrogation rapide du CPE, affirmant: "Les établissements ne pourront retrouver le calme que si une issue politique est trouvée à la crise. (...) Les choses n'ont que trop duré et la réponse trop tardé, elle ne peut plus être aujourd'hui que l'abrogation rapide de l'article 8 de la loi Egalité des chances".

C'est la première fois que le SNPDEN, qui s'était déjà prononcé contre le CPE, lance un tel appel, s'inquiétant de programmes scolaires qui pourraient rester inachevés.


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