Décryptage
Les exégètes en langue de bois, surtout quand elle est en chêne massif, ont du pain sur la planche. Après Chirac et sa loi promulguée qu’il ne faut surtout pas appliquer, voilà que Dominique de Villepin nous explique, sans ciller, qu’il ira «jusqu’au bout» mais qu’il n’y a pas de tabou dans les discussions sur le CPE. Au bout de quoi, finalement ? De ses convictions ou de l’abrogation probable ? On ne le saura pas.
A croire le Premier ministre, ce sont les mauvais esprits des médias qui ont perçu des divisions là où régneraient l’harmonie dans la majorité et l’attachement indéfectible de cette dernière au locataire de Matignon. Une incomparable symbiose qui lui a fait sans doute oublier de citer le nom de Nicolas Sarkozy.
On peut comprendre qu’un Premier ministre qui avance sur une planche savonnée se raccroche à toutes les branches. Mais décidément, il en fait trop. Annoncer l’ouverture de trois nouveaux chantiers alors que celui du CPE est en pleine capilotade revient à nier l’évidence d’un échec majeur. Vouloir donner l’impression qu’il a repris la main dans un dossier dont il a été dessaisi tient de l’incantation.
Les exercices rhétoriques ont leur limite. Tôt ou tard, les faits qui sont têtus reprendront le dessus sur les plaidoyers pro domo. Dans cette situation inédite où le parti majoritaire tente d’éteindre l’incendie social, une seule question demeure : que fera Dominique de Villepin si le CPE passe à la trappe ? Le Premier ministre ne répond pas franchement, se contentant de dire qu’il saura tirer les conclusions. Au moment opportun, si les circonstances s’y prêtent, dirait-on dans les milieux diplomatiques qu’il a tant fréquentés.
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