CPE: le PS hésite entre voter et boycotter...
PARIS (AP) - Le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a annoncé mardi que son groupe hésitait encore entre voter contre la proposition de loi UMP remplaçant le CPE ou ne pas prendre part au vote. Côté UDF, on votera pour en traînant des pieds.
"C'est une sortie de crise qui se prépare" avec cette proposition de loi UMP, a reconnu M. Ayrault lors d'un point de presse, indiquant que son groupe hésitait entre voter contre ou ne pas prendre part au vote. Mais ce n'est pas ce texte "qui va changer quoi que ce soit. C'est une proposition improvisée pour sortir de la crise. Elle n'a qu'un mérite, c'est sortir de la crise", a-t-il dit.
Signe de l'embarras de la gauche, partagée entre sa volonté d'aiguillonner le gouvernement et la nécessité de sortir rapidement de la crise, le PS a proposé à ses alliés de l'opposition de prendre une "position commune" lors du vote. Or, il s'est vu opposer une fin de non-recevoir par le groupe communiste, qui s'orientait vers un vote contre. "Nous ne sommes pas de ceux qui désertent l'hémicycle", a sèchement lancé le député PCF Maxime Gremetz.
Mais la gauche ne compte pas faire traîner les débats. Elle ne déposera aucune motion de procédure. Le PS se contentera de "quatre, cinq" amendements. Le PCF ne défendra pour sa part que "quelques amendements", notamment pour réclamer l'abrogation du CPE en bonne et due forme ou le retrait du CNE. "Il n'y aura pas d'obstruction de notre part, aucune", a promis M. Ayrault (PS). "On ne va pas faire traîner les choses", a renchéri M. Gremetz (PCF).
Tout aussi embarrassée, l'UDF votera la proposition de loi UMP à contrecoeur. "On votera ce texte parce que c'est un texte de sortie de crise" mais "qui ne va pas révolutionner l'emploi des jeunes", a expliqué le porte-parole du parti, François Sauvadet.
Questionné sur une éventuelle démission de Dominique de Villepin, M. Sauvadet a considéré que "la façon dont il conduit le gouvernement devrait l'engager à s'interroger sur son propre destin". "Est-ce qu'il pourra continuer longtemps dans la situation qu'il traverse?", "la décision lui appartient", a-t-il glissé.
Quant à Jacques Chirac, "lui-même ne peut pas s'exonérer de ses propres responsabilités", a estimé le porte-parole de l'UDF. "La démocratie ne fonctionne plus bien dans notre pays". "C'est l'échec du système qu'a voulu Jacques Chirac, c'est l'échec du système du parti unique", a-t-il lâché. AP
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