Election Italie : Vieux démons
L'atout de Prodi sera sans doute la respectabilité dont il jouit sur la scène internationale. Ancien président de la Commission européenne, son image n'a rien à voir avec celle laissée par les fanfaronnades et la superficialité d'un Berlusconi, plus prompt à la provocation qu'à une contribution efficace à la construction de l'Europe.
Il n'en demeure pas moins vrai qu'en l'espace de quelques semaines, deux démocraties proches par l'histoire et la culture, la France et l'Italie, ont révélé des fractures inquiétantes. Chez nous, les institutions ont montré des dysfonctionnements importants, avec un exécutif dépassé par la contestation et une classe politique qui découvre le malaise de la jeunesse. Chez nos voisins cisalpins, la mosaïque des partis, le mélange des genres tout à fait officiel entre politique et affaires - on l'a vu avec Berlusconi - et la gangrène mafieuse dans le Sud de la botte tiennent davantage de l'échafaudage branlant que de structures saines. Point commun des nations sœurs : une classe politique vieillissante et incapable de surmonter ses divisions pour affronter les défis du XXIe siècle. Dans les deux cas, ce sont les pratiques de type IVe République qui paraissent reprendre racine.
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